‹ Les JésuitesChapitre 19 sur 111 · INTRODUCTION... XXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION... XXV

plus solennelles les formes du.culte, plus absolue l'autorité de la hiérarchie et de la Papauté, accepter . même la continuation de bien des abus dans les hautes sphères ecclésiastiques, et surtout au centre . même de la chrétienté, à Rome, parce que des abus : sont inhérents à tout gouvernement qui a besoin d'argent et de force temporelle, afin de préserver le bien inestimable de l’unité et de rendre au catholicisme, mis à l'abri des discussions, des hésitations, des désordres de la pensée inquiète et novatrice, sa puissance d'action religieuse et sociale. Mais il fallait, pour accomplir cette œuvre, que la Papauté s'y employât la première et prit en main la Réforme pour être digne d’exercer cette autorité suprême qu'on lui attribuait.

Ce ne fut pas sans peine qu’on y parvint. Il y fallut les efforts, non seulement des hommes pieux et désintéressés qui voulaient rendre à l'Église catholique sa vertu première, mais aussi des puissances séculières, de Charles-Quint puis de Philippe IT, qui se regardaient.comme les défenseurs de l'unité catholique.

L'Espagne, où l’Église et l'État vivaient dans une étroite union, exerça à cet égard une influence pré- * pondérante, et l’ordre des Jésuites prit naissance juste à point pour être dans le monde chrétien l’instrument le plus puissant du système d’obéissance absolue au Saint-Siège, de zèle intransigeant pour . un dogme fixé d’une manière indiscutable, qui triompha au Concile de Trente. Heureusement aussi la Papauté eut à ce moment, au milieu du xvi° siècle, à. sa tête deux hommes, Paul III et Pie IV, qui com- :prirent la situation, qui surent imposer à la Curie romaine et à eux-mêmes les sacrifices nécessaires, et menèrent à bien l'œuvre laborieuse du Concile de Trente, poursuivie pendant près de vingt ans à travers des difficultés sans nombre.

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