‹ Les JésuitesChapitre 20 sur 111 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

Comme on le voit par ce court résumé, la Compagnie de Jésus, qui n'avait certainement pas été spécialement destinée à celte œuvre, quand elle fut pour la première fois conçue dans l'esprit d’Ignace de Loyola, qui n'avait été tout d’abord qu’une société de missionnaires de la foi, se trouva, par la force des choses, amenée à collaborer puissamment à l’œuvre du Concile de Trente et à devenir dans le monde entier l’agent le plus habile, le plus persévérant, le plus hardi, le plus convaincu de l'autorité ponlificale, mise désormais à l'abri de toutes les attaques et de tout contrôle. Elle eut pour mission de travailler à répandre le catholicisme dans le monde entier et à imposer à toute la société chrétienne l’obéissance aveugle aux décrets du Concile de Trente. Elle était venue à son heure; elle répondait à un besoin intime de l’Église, et son rôle lui fut, pour ainsi dire, imposé par les circonstances mêmes. On peut discuter la question de savoir si cet établissement définitif de la monarchie spirituelle de la Papauté fut un bien, s’il ne fit pas de l'Église un corps fermé, figé dans une doctrine immuable et en dehors duquel se produiront désormais tous les mouvements de la pensée, tout le travail intellectuel original qui fait la vie de l'esprit humain. On ne s'étonne pas qu’un pays pourtant catholique, comme la France, qui prétendait à une certaine indépendance vis-à-vis du Saint-Siège et la possédait en effet, ait refusé de reconnaître les décrets de Trente et ait considéré avec méfiance l’action des Jésuites: mais on ne peut reprocher aux Jésuites d’avoir fait ce qu'ils ont fait.

On ne peut pas prétendre qu'ils aient asservi et déformé l'Église. Ils ont été les représentants et le résultat naturel bien plus que les agents de la transformation imposée à l'Église dans la seconde moitié

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