‹ Les JésuitesChapitre 21 sur 111 · INTRODUCTION XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXVII

du xvi° siècle par la nécessité de vivre. Ils ont été l'expression la plus complète, la plus intense, la plus concentrée de l'esprit du catholicisme, et une grande partie des triomphes qu'il a remportés, de la vitalité qu’il a reprise, lui ont été dus. On ne peut plus, depuis le Concile de Trente, séparer les Jésuites de l'Église; leur condamnation et leur ruine ont été contemporaines de la décadence profonde du catholicisme et une de ses conséquences. Ils ont reparu et ont repris leur force au xix° siècle avec la renaissance de la foi catholique et la restauration partielle de la puissance de l’Église. Sans doute, il est heureux qu'ils n'aient pas trop triomphé, qu'ils aient trouvé dans l’Église même des adversaires, car s'ils avaient été entièrement les maîtres de l Église, leur esprit autoritaire, formaliste et ennemi de toute liberté de la pensée, eût étouffé dans l'Église toute vie. C’est grâce à la variété des forces qui ont agi au sein de l’Église et lutté entre elles, que l'Église a conservé une certaine souplesse, une certaine variété de vie, qui lui a permis, malgré tout, de se mêler au mouvement et aux transformations du monde et de la pensée moderne; mais l'Église catholique reste fidèle à la tradition du Concile de Trente dans la mesure où elle reste fidèle aux traditions du Jésuitisme, et c’est l'esprit de la Compagnie de Jésus qui est le soutien le plus solide de l'Église. Je dis cela sans aucune idée, ni d'apologie, ni de critique. Les uns peuvent y trouver un motif de blâme et pour l'Église et pour les Jésuites, comme d’autres peuvent . y trouver un motif d'éloges. Pour nous, nous n avons ni à critiquer ni à louer, nous ne cherchons qu’à expliquer.

La société humaine a besoin pour vivre et pour se développer de deux choses : de règle et de liberté, d’une balance heureuse entre les éléments de slabi-

Page 1