‹ Les JésuitesChapitre 22 sur 111 · X XVIII - INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X XVIII - INTRODUCTION

- Jité et les éléments de mouvement, entre la tradition : et le progrès. Une règle sans contrepoids engendre l'uniformité et la mort, la liberté sans frein engendre le désordre, qui est aussi un germe de mort. Au

.Mmoment où se constitua la Compagnie de Jésus, l'Église pouvait à bon droit s'effrayer du. désordre que la Réforme protestante et la Renaissance avaient apporté dans l'édifice social et religieux légué par le passé. C’est au besoin d'ordre et de règle, qui semblait alors le besoin primordial de la société chrétienne, que la Compagnie de Jésus répondit; mais il est certain qu'elle ne laissait aucune place au mouvement, au progrès, à la libérté, et qu'après bientôt quatre siècles, les Jésuites n'ont pas changé et restent les fidèles gardiens des décisions du Concile : de Trente. Admirable constance qui leur fit, au xvini® siècle, préférer une mort temporaire à toute transformation, et qui, dans les temps de crise comme la Révolution française, maintint les Jésuites, presque sans exception, fidèles à leurs croyances et à leur règle. Aucun Ordre n'eut jamais aussi peu d'hérétiques et de transfuges.

Mais si la Compagnie de Jésus avait réussi à imposer sa conception de l’ordre et de la règle à la société moderne, il est permis de se demander si toute spontanéité, toute originalité, toute liberté, toutes les forces qui donnent la vie à la littérature, à l’art, à la pensée n'auraient pas été comprimées et détruites. Heureusement que le Jésuitisme n'a été qu’un des éléments de la société moderne. Il a joué son rôle sans empêcher d’autres forces d'agir à côté de lui.

Ce rôle, 1l l'a dû plus encore aux circonstances où il S'est produit et qui l'ont produit, qu'à l'incontestable génie de son chef. Il n’y a pas de plus frappant exemple du caractère inconscient et involontaire de l’action des grands hommes, que l’histoire de Luther

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