‹ Les JésuitesChapitre 26 sur 111 · XXXII : INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII : INTRODUCTION

Bible et des Pères, de saint Paul et de saint Augustin, lui ouvre la voie de salut. « Le juste vivra par la foi », cette parole devient pour lui la solution de tous les doutes, la consolation de tous les tourments. Ce n’est plus à l’absolution du prêtre qu'il demandera le rachat de ses péchés. C’est à Dieu seul, au Seigneur Jésus, qui sera sa Justice. Ignace de Loyola, après avoir en vain cherché la paix dans des confessions générales et particulières et dans des pénitences sans nombre, s’arrache enfin à ses troubles de conscience par l idée que les scrupules qui l’assiègent, en dépit des absolutions réitérées, sont des inspirations du démon; 1l se convainc de la valeur des grâces spirituelles conférées par le prêtre, et il trouve la certitude du salut dans une série de visions, où les vérités de la foi lui apparaissent sous des formes sensibles. Ainsi, tandis que Luther s’arrache à ses doutes et à ses scrupules par une conception toute spirituelle et toute individualiste de la vie religieuse, par l'abandon à la volonté de Dieu ét la foi en Jésus-Christ, en dehors de toute intervention de l'Église et du prêtre, Loyola transforme les idées religieuses en réalités sensibles et s’abandonne sans réserve aux leçons et aux directions de l'Église. L'un va se lancer dans une agitation révolutionnaire où il sera entraîné par la fougue de sa pensée et de son tempérament à des démarches dont la hardiesse l'effraiera souvent; l’autre mettra sa passion disciplinée, son mysticisme sensuel et son fanatisme méthodique au service d’une doctrine immuable et d’une autorité indiscutée qui ne laisseront place en lui à aucune hésitation, à aucun doute, à aucun regret.

La foi personnelle de Calvin, sa doctrine tbéotées gique n'ont pas eu pour origine une crise morale et des troubles de conscience. Il s’est séparé de la tradition

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