XL INTRODUCTION
n'impliquaient pas nécessairement des idées païennes, les excluaient même au point de vue du confucianisme pur, et étaient des actes civils, comme le déclara l’empereur Kang-h1i à la demande des Jésuites. Au contraire les rites Malabares étaient en contradiction directe avec l’esprit même du christianisme, qui n’admet pas qu’il y ait dans l’Église et au point de vue des sacrements aucune distinction entre les fidèles. L'idée qu'un prêtre pouvait refuser la communion à un paria mourant, lui tendre l’hostie au bout d’un bâton, ou la déposer à sa porte, devait faire horreur et faisait horreur en effet. Il fallait l'esprit puissamment réaliste des Jésuites, leur volonté de conquérir le monde à l’Église par tous les moyens, la conviction qu'il fallait « se faire tout à tous », pour accepterlescompromissions auxquelles se résignaient Robert de Nobili et ses successeurs, hommes admi-. rables d’ailleurs, qui menaient tour à tour une vie de fakirs, soumis à toutes les privations, et une vie de grands seigneurs, entourés d’une pompe orientale, et qui s'étaient rendus maîtres des langues de l'Inde au point de composer, en langue indigène, des poésies, des cantiques, des livres de piété, de théologie et de philosophie. D'ailleurs s'il y avait des Jésuites brahmanes comme Robert de Nobili, D. Juan de Britto et Constant Beschi1, il y avait des Jésuites parias, comme Emmanuel Lopez, vivant parmi les parias, demi-nus, en haillons, et à qui leur frère brahmane, porté sur son palanquin, ne rendait pas leur salut. Ce qui montre bien d’ailleurs la difficulté de la question, c’est les hésitations dont firent preuve les papes et les autorités ecclésiastiques dans leur attitude à l'égard des rites Chinois et Malabares. La première condamnation des rites Chinois par la Papauté n’est que de 1645. Ce sont des Franciscains et des Dominicains, venus en Chine en 1631 et 1633,