INTRODUCTION XLI
* et expulsés en 1637 par les mandarins, qui en furent cause. La Propagande et Innocent X crurent toutes les accusations lancées contre les Jésuites par le dominicain J.-B. Moralès. Mais, en 1656, le Saint- Office, par un décret approuvé par Alexandre VII, autorisa les cérémonies en l'honneur de Confucius et des ancêtres, ce qui était l'essentiel. En 1669, l'affaire fut reprise à l’instigation d’un autre dominicain, le P. Jean Polanco, et un nouveau décret du Saint-Office, ratifié par Clément IX, approuva les deux décrets contradictoires de 1645 et 1656 et ordonna de les observer suivant les circonstances, ce qui était laisser les mains libres aux missionnaires. Après la persécution de 1664-1665, les Jésuites relégués à Canton s’entendirent avec un franciscain et trois dominicains pour fixer en 42 articles les règles de l’apostolat, conformément au décret de 1656, et prirent, le 26 janvier 1668, saint Joseph pour patron des missions.
Cette accalmie fut de peu de durée. Un franciscain revenu de Chine, le P. Navarette, publia, en 1676 et 1679, deux volumes d’une extrême violence contre les rites Chinois et la querelle prit un caractère aigu avec l’arrivée en Chine de missionnaires français envoyés par la Société des missions étrangères, tout imbus de l'hostilité plus que séculaire du clergé français contre les Jésuites. Sur les sollicitations du vicaire apostolique du Fou-kien, Charles Maigret, et après onze ans d’une action incessante à Rome, le Saint-Office et Clément XI finirent, le 20 novembre 1704, par condamner toutes les pratiques des Jésuites, sauf l'emploi des termes Tien-tchou (maître du ciel), pour désigner Dieu, sans toutefois révoquer expressément le décret de 20 mars 1656. Les Jésuites avaient, sans le vouloir, compromis leur cause en obtenant de l’empereur Kang-hi, le 20 novembre 1700,