‹ Les JésuitesChapitre 35 sur 111 · XLII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLII INTRODUCTION

une déclaration qui attestait que les Horineüts rendus à Confucius et aux ancêtres étaient des actes purement civils. Leurs ennemis prétendirent qu'ils opposaient l'autorité de l’empereur à celle du pape.

La mission confiée par Clément XI à Ch.-Th. Maillard de Tournon, patriarche d’Antioche, prélat instruit, mais cassant, maladroit et peu au courant des choses d'Extrême-Orient, acheva de tout gâter. Dès son arrivée à Pékin, le 4 décembre 1705, l’empereur déclare que tout missionnaire qui n'aurait pas reçu de lui un diplôme (piao) l’autorisant à précher tout en respectant les usages nationaux, serait expulsé. Le légat répondit, le 28 janvier 1706, par un mandement interdisant, sous peine d'excommunication, les sacrifices à Confucius et aux ancêtres. L'empereur furieux fit conduire le légat à Macao, où il fut mis sous bonne garde par les Portugais qui l’accusaient d’avoir usurpé sur les droits du patriarche de Goa. Malgré les supplications, non seulement des Jésuites, mais d’autres missionnaires qui avaient accepté le piao, Clément XI resta inébranlable, accorda à Tournon le chapeau en 1707 (ce qui n'eut d'autre avantage, dit Voltaire, que de le faire mourir cardinal en 1710)', confirma le 25 septembre 1710 le mandement de Tournon, et rendit, le 19 mars 1715, une constitution solennelle contre les rites Chinois. La plupart des missionnaires se soumirent, mais neuf des principaux tri-

bunaux de l'Empire proserivirent absolument la

1. Quinet dit, Les Jésuites, p. 206, leçon IV : «Un prélat estenvoyé, un Français, le cardinal de Tournon, pour réprimer ce christianisme sans croix. À peine arrivé, la Société le fait jeter en prison. Il y mourut de surprise et de douleur ». Tournon n’était pas Francais, il n’était pas cardinal; ce n'est pas les Jésuites qui le firent emprisonner. Il mourut cinq ans après, ce qui est une mort « de surprise » bien lente.

Page 1