XLIV INTRODUCTION
les missions des Jésuites aux Indes ne furent sérieusement inquiétées que quand le légat de Tournon, en route pour la Chine, publia à Pondichéry, le 23 juin 1704, un mandement condamnant absolument les rites Malabares et les ménagements des Jésuites pour le système des castes. La mauvaise volonté avec laquelle les Jésuites se soumirent à ce mandement provoqua une série d'interventions pontificales pour les contraindre à l’obéissance (décret du Saint-Office de 1706, bref de Clément XI de 1712, de Benoît XIII de 1727, bulle de Clément XII de 1734, bulle de 1739). Benoît XIV enfin, par la bulle Sollicitudo omnium de 1745, interdit absolument,les rites Malabares, et admit seulement deux catégories de missionnaires, l’une pour les Hindous des castes, l’autre pour les parias, tout en rappelant les doctrines évangéliques sur l'égalité de tous les hommes devant Dieu. Malgré cette concession, le décret de Benoît XIV de 1745 fut la mort des missions des Indes, comme son décret de 1742 avait été celle des missions de Chine.
S 2. — La Casuistique et la Morale des Jésuites.
À vrai dire on ne devrait point parler de « Morale des Jésuites ! ». Ils n’ont aucune originalité en cette matière. S'il s’agit de morale théorique, leur morale est la morale de l'Église, celle du Décalogue, celle de l'Évangile, celle de la conscience humaine universelle. S'ils ont en cette matière une originalité, c'est uniquement pour avoir attribué à une vertu,
1. M. À. Molinier a si admirablement élucidé cette question dans son Introduction aux Provinciales de Pascal, que nous aurions pu nous borner à y renvoyer nos lecteurs. Mais nous
avons cru devoir exposer ici notre manière de voir qui n'est pas identique à la sienne sur tous les points.