‹ Les JésuitesChapitre 38 sur 111 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

l'obéissance, une valeur excessive et disproportionnée, qui risque, dans leur système d'éducation, de nuire au développement des autres vertus, et à celui de la conscience elle-même. Mais quand on parle de « Morale des Jésuites », comme le fait Paul Bert quand il donne ce titre à une traduction du Manuel du P. Gury, en donnant à ces mots un sens malveillant, on considère les Jésuites comme ayant systématiquement atténué la valeur et la rigueur impérative des lois morales pour transformer, non sans doute en vertus, mais en actes licites ou indifférents, des actes el des pratiques que la morale réprouve. Comprise dans ce sens, l'expression « morale des Jésuites » est inexacte et injuste. Il y a en effet toute une série de considérations à faire valoir qui diminuent beaucoup et l'originalité et la culpabilité des Jésuites sur ces questions de morale pratique. Tout d'abord la casuistique n’est pas une invention des Jésuites. Elle n’est pas leur apanage particulier. La casuistique a pris naissance au xim° siècle; elle s’est développée avec le système de la confession. Les Jésuites, dont le rôle comme confesseurs a été infiniment plus important que celui des autres ordres, sont naturellement les auteurs du plus grand nombre des recueils de « théologie morale », qualification ordinaire de ces ouvrages, mais ils ne sont pas les seuls. Il y a parmi eux des rigoristes et des indulgents ou « laxistes », mais il y a des casuistes laxistes, comme Alphonse de Liguori, qui ne sont pas des Jésuites, et le succès que les casuistes Jésuites ont obtenu dans toute la pratique ecclésiastique, dans l'enseignement de tous les séminaires, prouve bien que leurs doctrines ne leur appartiennent pas en propre; que le système qui consiste à subtiliser à l'infini sur les cas de conscience, à fixer d'avance des solutions pour tous les cas, et à ramener les pécheurs sous la

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