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INTRODUCTION LIX

règles occultes connues des seuls initiés. Un gouvernement monarchique absolu, aussi fortement constitué que celui des Jésuites, n’en avait nul besoin, puisqu'il était légalement investi du pouvoir de prendre toutes les mesures nécessaires au bien de l'Ordre, sans leur donner aucune publicité ni aucune justification. L’immuabilité des constitutions primitives était le fondement même de l’organisation de l'Ordre. Il préférait périr plutôt que d'y toucher. Là se trouve l’explication des mérites, des succès, des conquêtes de la Compagnie, comme aussi de tous ses défauts et de toutes les attaques qu’elle a suscitées contre elle.

Il y aurait eu une extrême imprudence pour les Jésuites à faire perdre à ces Conslilutions leur belle unité et leur parfaite cohésion. Il y aurait eu une imprudence plus grave encore à enseigner, fût-ce à un petit nombre d'initiés, des préceptes en contradiction avec les principes mêmes formulés par saint Ignace.

On trouve, dans la X° partie des Constitutions, les principes généraux « d’après lesquels le bon état du corps de la Société peut être conservé et accru ». On pose tout d’abord le but de la Société, qui est le service du Christ, sa gloire et le salut des âmes; on rappelle les exercices de dévotion ainsi que les vertus auxquels doivent s'attacher les membres de la Compagnie. Ce fondement posé, Ignace indique les devoirs particuliers de ses disciples, ce quiles distinguera des autres ordres. Il n’est question ni d’un costume spécial ni d’un mode de vie exceptionnel, ni d'exercices particuliers de piété et d’ascétisme. C’est en vivant dans le siècle, en étant des hommes instruits, intelligents, bien portants, que les Jésuites accompliront leur œuvre. La seule abnégation qu'on leur demande, c'est celle de tout avantage personnel. Tout doit être subordonné à la Société, à l'Église et à Dieu.

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