INTRODUCTION | IX
dement et impartialement sur l'histoire de la Compagnie de Jésus, en traduisant un petit livre dû à la plume de M. H..Bœhmer, professeur à l'Université de Bonn, qui, tout en signalant les erreurs et les fautes justement reprochées aux Jésuites, rend pleinement hommage à la grandeur de leur œuvre, aux intentions élevées de ses fondateurs, aux vertus héroïques qu'ils ont déployées.
Si les historiens hostiles aux Jésuites sont disposés à les juger d’après les recueils de textes et les diatribes dus aux Parlementaires et aux Jansénistes , du xvirr° siècle, le grand public les juge d’après limmortel pamphlet des Provinciales, comme aussi d’après les œuvres de polémique publiées contre eux de 1843 à 1845, et surtout d’après les Jésuites : de Michelet et de Quinet, sans se donner la peine de lire les réfutations des Jésuites qui, d’ailleurs, | à l'exception de la brochure éloquente mais peu : topique du P. de Ravignan sur l'Existence et l’Institut des Jésuites, et d’une riposte amusante, mais composée sans art par le P. Cahour : « Des Jésuites par un Jésuite », n'ont qu'une très médiocre valeur.
Quand on relit aujourd'hui de sang-froid les leçons fameuses de Michelet et de Quinet, professées au Collège de France en 1845, on a quelque peine à comprendre les fureurs qu'elles ont excitées, et les admirations enthousiastes dont elles ont été l'objet de la part, non seulement de journalistes et d'étudiants libéraux, mais d'hommes tels Cuvillier- Fleury, Saint-Marc Girardin, Th. Gautier, Mérimée, . Pongerville, Léon Faucher, Chéruel, Vallet de Viriville, etc. Le ton des deux cours n'était pas d’une grande violence; les deux professeurs avaient évité
avec soin tout ce qui pouvait paraître une recherche
de scandale, et ils ont en particulier effleuré à peine la question de la casuistique. L'un et l’autre se sont