‹ Les JésuitesChapitre 6 sur 111 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

bornés à développer, Michelet d’une manière très générale et superficielle, Quinet avec plus de méthode et en s'appuyant sur des textes, le reproche qui, de tout temps, a été adressé aux Jésuites, celui de développer une piété mécanique en soumettant l'âme à une gymnastique spirituelle, de substituer en morale au développement de la conscience individuelle la soumission à une direction extérieure et

à la lettre des opinions des casuistes, de ramener

toute la morale et l'éducation à une seule vertu : l’obéissance, l’obéissance servile. Le Jésuitisme était ainsi présenté par eux comme une doctrine de mort en opposition à la haute vie spirituelle du moyen âge et à l'esprit de liberté de la Renaissance. Il n'y avait rien dans cette thèse, en grande partie vraie, qui dût surprendre et scandaliser, puisque la Compagnie a considéré cet esprit de réglementation méthodique et d’autoritarisme inexorable comme son originalité el sa supériorité. Malheureusement Michelet et Quinet n'ont vu que cela dans l'œuvre. de la Société de Jésus et ils l'ont représentée comme n'ayant eu d'autre but dans ses entreprises que d’asservir les âmes cet d'étendre sa puissance, oubliant l'observation s1 juste de Voltaire, que doit avoir toujours présente à l'esprit quiconque étudie les Jésuites sans les aimer : « Aucune secte, aucune société n'a Jamais eu et ne peut avoir un dessein formé de corrompre les hommes! ». Quinet, particulièrement, prétendit prouver par des textes que les Jésuites, dans leur crainte d'ouvrir la porte à la spéculation philosophique, et par suite d'une conception toute formaliste de la piété, en arrivaient à écarter de leur enseignement jusqu'à la pensée de Dieu. Il va jusquà dire qu'ils enseignaient une

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