‹ Les JésuitesChapitre 51 sur 111 · LXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXII INTRODUCTION

On a cependant attribué ce dessein aux Jésuites et on a prétendu en trouver la preuve dans les … Monila secreta, qui auraient été les préceptes direc-. teurs de leur conduite et de leur politique.

Il suffit cependant d'ouvrir les Monita et de les lire sans prévention pour s’apercevoir tout de suite qu'ils sont, non un recueil de préceptes à l'usage des Jésuites, mais une satire des défauts et des vices qu'on pouvait leur reprocher. C’est la peinture des moyens qu'ils étaient censés employer pour ruiner les ennemis de la Société, en particulier les membres qui en avaient été exclus, des intrigues par lesquelles les Jésuites s’insinuent dans la faveur des princes, supplantent les autres ordres et les autorités ecclésiastiques, s’enrichissent aux dépens des États et des particuliers, spécialement aux dépens des veuves. Comment prendre au sérieux des phrases comme celle-ci : « L'augmentation des richesses de la Société est le commencement de l’âge d’or », ou encore : « Les nôtres fondent des collèges dans les villes riches seulement, car le but de notre Société est l’imitation de N.-S. Jésus-Christ, qui s'arrêtait le plus souvent à Jérusalem, et ne faisait que passer dans les localités moins considérables (I, 7). » — « Il faut toujours extorquer des veuves le plus d'argent qu'il se pourra. » Comment croire qu'on ait Jamais donné aux Jésuites les instructions contenues dans les Monita sur la manière d'empêcher les veuves de se remarier et de les obliger à abandonner tous leurs biens à la Société. Ces chapitres vi, vir et vis sont les plus spirituels des Monita. On y trouverait aisément le thème d’excellentes scènes de comédie. Ainsi au chap. vi, 8 et, : « On remontrera à la veuve tous les avantages de son état et les inconvénients du mariage, surtout lorsqu'on le réitère. On peut aussi proposer de temps en temps et avec adresse, des

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