INTRODUCTION LXIII
partis pour lesquels on sait bien qu'elle a de la répugnance, et s’il y en a qu'on croit lui plaire, on lui en représentera les mauvaises mœurs, afin qu’en général elle n'ait que du dégoût pour les secondes noces ». — vil, 7 : « Si on est sûr d'elles et qu’elles sont toujours fidèles envers la Société, qu'on leur accorde, avec modération et sans scandale, ce qu’elles réclament pour la sensualité ».
Les Monita sont le compendium de tous les vices, de toutes les pratiques blâmables qu'on a reprochés à certains membres de la Société, dont ils ont été accusés par des papes, par des évêques, voire par des généraux de l'Ordre. Certains chapitres paraissent inspirés par le pamphlet de Mariana. Il n'est pas douteux que certains Jésuites se sont adonnés à des pratiques semblables. Elles pouvaient aisément résulter du rôle même joué par les Jésuites dans leur immense activité parmi les classes riches, de la nécessité où ils étaient de trouver des donateurs pour soutenir leurs écoles toutes gratuites et leurs œuvres de mission, et aussi des conseils de prudence et d'habileté, parfois un peu trop mondaines, donnés par Ignace et Lainez eux-mêmes. Il serait possible de rapprocher certains paragraphes des Monita d’une série d'articles des Constilutions et de montrer qu’ils en sont l’exagération ou plutôt la caricature. Des Jésuites qui ont le plus énergiquement protesté contre les Monita, comme Gretser, ne font pas difficulté de reconnaître qu'ils ont été écrits par un homme très au courant des habitudes de l'Ordre, et de l’attribuer à quelque Jésuite renégat. Aussi peuton les considérer comme ayant une certaine valeur documentaire, en tant que peinture satirique des défauts de la Compagnie, et principalement des artifices dont elle usa souvent pour accroître ses richesses. Le chapitre 1x, sur l’Augmentalion des