LXVI INTRODUCTION
fausse, comme le nom de lieu. L'ouvrage n’a paru qu'en 1614, et il a paru à Cracovie. Un journal de la maison professe des Jésuites de Sainte- Barbe à Cracovie dit « Prodiit eodem mense [Augusto] famosus ille contra soctetatem libellus, cum illo titulo : M.S.S.J. Auclor eius suppresserat nomen, sed brevi certo constilit a D. Hieronymo Zahorowski fuisse scriptum! ». Le Jésuite Zahorowski avait été expulsé de l'Ordre en 1613, et 1l fut, dès le mois de juillet 1615, dénoncé par l’évêque de Cracovie Tylicki. Le livre fut condamné, le 20 août 1616, par l'administrateur du diocèse Lipski, qui dit, dans sa condamnation, que ce livre avait paru deux ans auparavant, et qu'il avait été répandu manuscrit avant d’être imprimé. S1 la date 1612 avait été vraie, il n’y aurait eu aucune raison de la cacher, d'autant plus que la condamnation de Lipski, de même que celle de l'Inquisition Romaine, du 28 décembre 1616, ne nomment pas Zahorowski, contre lequel on n'avait pas de preuves positives. En tous cas, rien ne justifie la légende d’après laquelle les Monila auraient été trouvés en manuscrit dans le pillage du collège des Jésuites de Prague par les Saxons et ce manuscrit aurait servi à l'édition de 1612. M. Friedrich, le célèbre professeur vieux catholique de Munich qui, dans son Journal du Concile du Vatican, déclare
« avoir consacré sa vie à combattre la Curie et les
Jésuites », a soutenu cette thèse dans ses Contributions à l'histoire de l'Ordre des Jésuites. Il a même prétendu en trouver la preuve dans une /nstruction donnée au Jésuite Forer, lorsqu'il fut chargé, en 1634, de répondre à l'Anatomia Socielatis Jesu seu Pro-
balio spiritus Jesuitarum de Gaspard Schopp ou |
1. Scriptores rerum Polonicarum, XIV, p. 125. — On a prétendu, sans en donner aucune preuve (Cf. Duhr, loc. cit), que les Jésuites avaient cherché à acheter le silence de Zahorowski,