‹ Les JésuitesChapitre 56 sur 111 · LXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXVIII INTRODUCTION

l'autre, l'un plus court, l’autre plus long. En tout cas le collège n'était pour rien dans l'existence de ces manuscrits. Tous les raisonnements de M. Fried-

rich pour prouver que la première édition des

Monitla aurait été faite sur un manuscrit trouvé au - collège des Jésuites de Prague pèchent par la base.

Si la première édition avait été faite par un ennemi des Jésuites, d’après un manuscrit trouvé dans ces conditions, l'éditeur l’aurait dit. Or il se tait sur la provenance de l’œuvre. Les deux éditions qui suivirent, l’une sans date avec le titre « Aurea monita religiosissimae Societatis Jesu ed. a Theophilo Eulalio, Plaisance; l’autre de 1618 : Arcana monita religiosissimae Societatis Jesu, se taisent aussi sur la provenance. Les trois premiers écrits dirigés contre les Monita et les dénonçant comme un abominable pamphlet, celui de Bembo de 1615 : Monita salutaria data anonymo auctori scripti nuper edit, cui fatso titulus indilus Monita privata S. J., celui d'Adam Tanner : Apologia contra Monita privata (1618), et celui de Jacques Gretser ou Gretscher : Contra famosum libellum cujus in scripto est Monita privata S. J. libri IIT apologelici (Ingolstadt, 1618), ne font également nulle mention de l’origine du manuscrit publié en 1614.

La vérité qui semble ressortir de tous ces faits est que les Monita font partie de la littérature de pam-

phlets pour et contre les Jésuites, qui a été si

abondante en Allemague pendant les années qui ont précédé la guerre de Trente Ans, au moment où les Jésuites faisaient dans ce pays une propagande aussi efficace que.violente et où ils travaillaient à obtenir de l'empereur l'Édit de Restitution qui fut

enfin publié en 1629 et déchaîna la guerre, littérature |

très bien étudiée par M. Richard Krebs dans son opuscule : Die Politische Publizistik der Jesuiten. Gie-

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