INTRODUCTION LXIX
seler, dans son Histoire de l'Église, cite une série de pamphlets écrits contre les Jésuites, de 1696 à 1740, tout à fait dans l'esprit des Monita, et dont quelquesuns furent composés par des ex-Jésuites.
De nombreuses rééditions et traductions des Monita furent faites depuis lors en Hollande, en Allemagne, en France, en Angleterre. On inventait toutes sortes de fables nouvelles sur leur origine. Tantôt on prétendait les avoir trouvés dans le collège des Jésuites d'Anvers; tantôt on disait les avoir reçus d’un voyageur revenu des Indes qui les tenait des Jésuites d'Extrême-Orient. Au xvrrr° siècle on les a remaniés; on a fait de l’épilogue une préface, on a déplacé des chapitres, et ajouté un chapitre xvit sur la manière de promouvoir la Société. C’est sous cette forme que l'ouvrage est encore réimprimé aujourd'hui et qu'il se trouve dans le livre du Carme Henri de Saint-Ignace : Liberii Candidi Tuba magna mirum clangens sonum ad Clementem XI, etc., de necessitale reformandi Societatem Jesu (Strasbourg, 1743). I croyait alors les Monita authentiques, mais en 1715, dans une seconde édition de son livre, il eut le bon sens de reconnaître son erreur, et dans un nouvel écrit, la Tuba allera majorem sonum clangens, etc., 11 dit que , « si le cœur peut être corrompu, l'esprit n’est pas assez aveuglé etobtus pour prescrire Ja manière de commettre des crimes. L'homme veut bien être mauvais, mais il aime à paraître bon. »
L'édition de Paris de 1761, qui se donna comme imprimée à Paderborn, reproduit l'édition de 1713, qui a été suivie depuis. Tous ceux qui ont soutenu l'authenticité des Monita, Graesse dans son Trésor des livres rares, t. V,575, Gachard dans ses Analecta Belgica, Philippson dans son Histoire de l’Europe occidentale au temps de Philippe IT et dans sa Contre- Révolution religieuse au xvr° siècle, Charles Sauvestre