‹ Les JésuitesChapitre 58 sur 111 · LXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXX INTRODUCTION

dans son édition des Monita de 1869, ont attaché une grande importance au fait que des manuscritsauraient été trouvés dans les maisons des Jésuites. Sauvestre prétend avoir collationné son texte sur un manuserit qui aurait appartenu au P. Brotier, le dernier bibliothécaire du Collège de Clermont (Louis-le-Grand), à Paris, avant la Révolution, mais il ne dit pas où se trouve ce manuscrit. Gachard dit que le manuscrit conservé aux Archives de Bruxelles (n° 730) vient du Collège des Jésuites de Ruremonde, et y fut trouvé lors de la réforme des couvents en 17173. Philippson attache beaucoup d'importance au fait que, des deux manuscrits des Monita qui se trouvent à la bibliothèque de Munich, l’un a été probablement écrit par un Jésuite, et vient d’un couvent cistercien d’Alderspach, et l’autre, qui n’a pas été écrit par un Jésuite, a été trouvé dans une armoire de l’église Saint- Michel qui a appartenu aux Jésuites. Nous savons aussi (Cf. Dubr, op. cit., p. 71) que des Monita furent trouvés à Saint-Sébastien en Espagne et à Vittoria en Sicile, au moment de l’expulsion des Jésuites, dans leurs couvents. Il nous est impossible d’attacher aucune importance à ces constatations. Il n'est pas étonnant que les Jésuites aient possédé et gardé des manuscrits ou des exemplaires imprimés d’une satire qui avait eu un tel retentissement. Les critiques protestants qui ont étudié de près la question, Gieseler, Huber, Tschackert, Nippold, Harnack, tous adversaires de la Compagnie, sont d'accord pour reconnaître que lattribution des Monica Secreta aux chefs de l’ordre des Jésuites est une fable insoutenable. Il est déjà assez fâcheux pour eux qu'ils aient été obligés de répudieravec indignation et à maintes reprises cette attribution, et que des historiens graves aient pu prendre ce pamphlet au sérieux.

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