INTRODUCTION XI
science athée, une métaphysique athée. Et sur quoi se fonde-t-11? Tout d'abord sur ce que dans les Constitutions de Loyola, le nom de Dieu ne paraît que rarement et qu'il n'y est question que de fonctions et de fonctionnaires. Le gros volume des Constitulions, qui définit toute l’organisation de l'Ordre avec une telle minutie et une telle précision qu’on n’a jamais rien eu à y changer, ne pouvait pas naturellement se répandre à toutes les pages en effusions de piété; mais il suffit de les parcourir pour voir à quel point la pensée du service de Dieu et de Jésus Christ y est constamment présente. Qu'on lise la VI° partie, sur les devoirs des membres de l'Ordre, on verra qu'à chaque page il est question de la gloire de Dieu, de la bonté de Dieu, de l’obéissance envers Dieu. Il y a d’ailleurs un paradoxe vraiment excessif à prétendre qu'on cachait le nom de Dieu à des hommes qu'on habituait à placer partout, sur leurs lettres privées comme sur leurs livres et sur leurs édifices la devise À. M. D. G. (Ad Majorem Dei Gloriam).
Mais c'est surtout à l'enseignement des Jésuites que Quinet s'attaque; 1l prétend qu'ils ne permettent pas de parler de Dicu dans les années de philosophie, ‘et il cite la 2° règle du cours de philosophie, dans la Ralio studiorum : Quaestiones de Deo... praetereantur. Malheureusement le texte est tronqué. Il y est dit : Zn melaphysica quaestiones de Deo et intlelligentiis quae omnino aul magnopere pendent ex veritalibus divina fide traditis praelereantur, ce qui ne peut signifier qu'une chose : « Dans la Métaphysique, on laissera de côté celles des questons sur Dieu et les intelligences! qui dépendent
1. Cette expression intelligentiae désigna les « intelligences
pures », c'est-à-dire, dans la langue scolaslique, « les anges », dont on prétendait trouver dans Aristote la notion anticipée.