‹ Les JésuitesChapitre 67 sur 111 · INTRODUCTION A : LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION A : LXXXI

D hbhier qui rendait le Jésuite indifférent au bien- être, à la liberté et à la vie, le rendait aussi indifférent à la vérité et à l'humanité : qu'aucun des moyens qui pouvaient avancer les intérêts de sa religion ne lui : semblait illégal, et qu'il confondait trop souvent les intérêts de cette religion avec ceux de sa Société. On prétendait qu'invariables seulement dans les senti- * ments que leur inspirait l'esprit de corps, ils étaient dans certains pays les ennemis les plus dangereux de la liberté, et dans d’autres les ennemis les plus dangereux de l’ordre. Les grandes victoires qu'ils se vantaient d’avoir remportées au profit de l'Église étaient, selon le jugement de quelques-uns des plus illustres membres de cette église, plutôt apparentes que réelles. Ils avaient, il est vrai, travaillé avec une merveilleuse apparence de succès à soumettre le: monde aux lois de l'Église, mais ils ne l'avaient fait qu’en relâchant ces lois pour les rendre conformes aux passions du monde. Au lieu de travailler à élever la nature humaine au niveau du type idéal établi par des préceptes et des exemples divins, ils . avaient abaissé ce type idéal jusqu’au niveau ordinaire de la nature humaine. Ils se faisaient gloire des multitudes de néophytes qu'ils avaient baptisés dans les régions les plus reculées de l'Orient; maison racontait que les faits sur lesquels repose toute la théologie de l'Évangile avaient été artificieusement cachés à certains de ces convertis et qu’on avait permis à d’autres d'éviter les persécutions en se courbant devant les images des faux dieux et en récitant mentalement des Paler et des Ave. Ce n'était pas seulement dans les contrées païennes, disait-on, qu'ils employaient de tels artifices. Il n’était pas étonnant que des personnes de tous les rangs, et surtout des plus élevés, assiégeassent les confessionnaux des églises de Jésuites, car nul ne sortait

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