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tant : 1l bannit et supprima toutes les missions, sauf celles des Jésuites. Ce malheureux conflit, qui dura encore plusieurs dizaines d'années, marque le début de la décadence de l'Église des Jésuites en Chine. L'empereur Jongtching (1722-1735) proscrivit le Christianisme, et son successeur Kienlong (1735-1796) refusa de rapporter l’édit, bien qu'il tolérât les Jésuites à Pékin. Tandis que leur Église dépérissait

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graduellement, A était permis aux Pères de servir.

comme auparavant le Fils du Ciel, .en qualité d’archi-.

tectes, de peintres, de cartographes, et de mathématiciens. Quelques Jésuites se maintinrent dans ces

fonctions, même après la suppression de l'Ordre :

lorsque le dernier d’entre eux mourut, le 12novembre 1805, il était toujours assesseur du tribunal des mathématiques'. Tragique destinée! Ce que Ricci avait

considéré jadis comme un simple moyen de servir la.

. mission, était devenu aux yeux des-Chinois le seul

objet de la mission. Les Pères leur paraissaient si

remarquables comme mathématiciens, astronomes et artistes, qu'ils étaient heureux de se mettre à leur école,.comme le prouve l’introduction du style jésuite dans l’art industriel chinois; mais, en tant que missionnaires, leur action était très faible. On doit donc constater que Ricci n'avait pas su trouver la solution du dificile problème d’acclimater les missions chrétiennes chez un peuple qui a une civilisation propre

très ancienne. Le système qu'il avait si ingénieuse-

ment appliqué à l’enseignement du christianisme n'avait pas réussi à créer une véritable Église chrétienne nationale chinoise, mais seulement une reli-

gion hybride formée d'éléments chrétiens et chinois . juxtaposés, à laquelle manquait la vertu principale «

de la foi chrétienne : la capacité de résister au jour de la persécution.

La mission d'Extrème-Orient était un héritage de François Xavier. Le fondateur de l'Ordre ne s’en était jamais sérieusement occupé. Il avait à cœur d’autres conquêtes spirituelles : avant tout la guerre contre l'Islam par les armes spirituelles et tempo-

relles. Car, dans l’âme du vieux chevalier espagnol, .

1. Au xix° siècle, un Jésuite portugais, le P. Serra, y siégea jusqu'en 1837, [N, du T.]

qui avait grandi dans l'atmosphère religieuse et

chevaleresque du temps des croisades, les idées

de mission s’associaient d’elles-mêmes à des plans

d’expéditions guerrières. Tandis qu'à Rome il s’efforçait d'éduquer des enfants turcs pour en faire des missionnaires, el frapper l'Islam au cœur avec des

armes spirituelles, il concevait en même temps un

vaste projet d’anéantissement des forces militaires

des infidèles dans la Méditerranée. En sa qualité

d’ancien soldat, il comprit nettement que pour cela. il

fallait, avant tout, une grande flotte. Aussi pré-

senta-t-1l, en 1554, au vice-roi d'Espagne en Sicile,

te

un plan très complet d’ organisation maritime. Il cal: culait que le gouvernement espagnol devait réunir au mois deux à trois cents vaisseaux. Il ne se laissait pas arrêter par la dépense. Il ne se fitaucun scrupule de proposer d’y pourvoir en imposant le clergé et les riches ordres religieux. S'ils faisaient quelque résistance, le Pape n'avait qu à les contraindre. Malheureusement ce plan parut au vice-roi par trop « démesuré ». Mais l'enthousiasme religieux et chevaleresque pour la guerre sainte contre Mahomet subsista vivace au sein de l'Ordre, bien longtemps après la mort du fondateur. François de Borgia, lorsqu'il fut général des Jésuites, s'employa énergiquement à la constitution de la grande ligue catholique qui, le 1 octobre 1571, remporta la glorieuse victoire de Lépante, si souvent célébrée par la poésie et par l'art.

La guerre spirituelle contre l’islamisme fut encore plus impuissante que la croisade. Ni à Fez, ni à Ispahan, ni à Ormuz, ni dans l’Inde, ni dans les Moluques, l'Ordre ne put obtenir de succès durables. Il réussit mieux auprès des chrétiens, sujets des États musulmans, et dans les anciens royaumes chréüens d'Orient, Pourtant le plan de mission auquel

Ignace s'était personnellement le plus intéressé, l'essai de ramener l’Abyssinie dans l’obédience de .

Rome, échoua complètement. En 1604 le P. Paez avait bien réussi à convertir le Négus Za Denghal et à établir un collège à Gorgora dans le Dembra. Mais Seghed IT bannit de nouveau tous les catholiques et

fit martyriser quelques Pères d’une manière atroce,

en 1638, par des moines monophysites fanatiques. Chez les Coptes également, tous les essais de conversion restèrent infructueux, et la mission arménienne d'Érzeroum travailla jusqu'en 1686 sans obtenir aucun résultat. Par contre, les Maronites du Liban finirent par se réunir, en 1736, à l’église de Rome, il est vrai après 150 ans d'efforts continus. Les Pères réussirent de même à gagner au catholicisme un certain nombre de Grecs orthodoxes dans leurs stations de Constantinople, de Naxos, de Négrepont, de Salonique et de Crimée. Mais leur plus brillant succès fut ici une victoire sur le protestantisme : ils renversèrent en 1638 le patriarche Cyrille Lukaris, de Constantinople, qui inclinait au protestantisme.

L'Ordre travailla avec plus de zèle encore dans les vastes champs de missions qui s’ouvraient à lui dans les parties du continent noir converties à l'Islam, dans l’Est-Africain portugais, et dans la colonie portugaise du Congo. Livingstone y a encore trouvé les ruines de constructions gigantesques, élevées jadis par les Jésuites, et des peuplades qui avaient appris des Jésuites à lire et à écrire. Mais, en général, la Société fit ici aussi la triste expérience qu'il est difficile aux missionnaires chrétiens de l'emporter auprès des nègres sur les derviches musulmans. Les Pères rencontrèrent encore plus de difficultés dans la Guinée et la Sénégambie. Le martyre fut 1à le seul succès qu'ils purent considérer comme assuré.

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