‹ Les JésuitesChapitre 9 sur 111 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

lale vel veniale inducere, nisi superior (in nomine J.-C. vel in viriule obedientiae) juberet. » « Nulle règle ne peut imposer le péché mortel, à moins que le superieur ne l’ordonne. » Donc, s’il ordonne, il faut pécher, pécher mortellement. Cela est neuf, hardi, fécond. »

Michelet n’a pas été seul à prêter cette énormité à Ignace de Loyola. Arnauld dans sa plaidoirie contre les Jésuites (1594), Wolf dans son Histoire des Jésuites (1792), Lange dans son Xisloire des Jésuites en Bavière (1816), Ranke dans sa première édition des Papes, Haeusser et Droysen dans leurs histoires de la Réforme, Philippson dans son Histoire de l'Europe occidentale au temps de Philippe IT, et dans sa Contre - Révolution religieuse, tout récemment M. V. Charbonnel dans une brochure sur l’Origine musulmane des Jésuites (1899), ont compris comme Jui le chapitre v de la VI° partie des Constitutions. Ils auraient dû savoir cependant que cette monstrueuse erreur avait été refutée dès 1824 et dix fois depuis, en particulier par Gieseler dans son Histoire de l'Église, que Michelet connaissait, et par Ranke dès sa seconde édition ‘. Mais il aurait dû leur suffire de se rappeler que dans le beau et terrible chapitre 1° de cette même V[° partie, Ignace avait dit : « Persuadons-nous que tout est juste quand le supérieur l’ordonne. Par une sorte d’obéissance aveugle, rejetons toute idée, tout sentiment contraire à ses ordres, toutes les fois qu’on ne pourra y apercevoir quelque péché?. » Était-il possible que, dans une œuvre aussi profondément méditée que les Constitulions, Ignace

1. La traduction française des Constitutions, avec texte en regard, parue chez Garnier, en 1843, et que Michelet a certainement connue, avait donné une traduction exacte du texte.

2. Michelet, dans son cours, avait cité ce passage, mais en supprimant la restriction.

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