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Richer fut traîtreusement, lâchement surpris et enfermé dans une prison. Mais, sur les réclamations de l'Université, le Parlement ordonna qu'il fût mis en liberté, et lui accorda des sauvegardes contre les entreprises de ses ennemis.
La violence brutale ayant échoué, on essaya de la violence morale. Richelieu, déjà tout-puissant, imposa une espèce de rétractation à Richer. Le pauvre docteur fut obligé de signer, mais il avait protesté d'avance, dans un acte solennel, contre ces abjurations forcées ; par une déclaration devant notaire, il désavoua tout ce qu'il pourrait être contraint d'écrire, comme extorqué par les menaces.
Les Jésuites durent se contenter de cette rétractation forcée ; ils savaient bien que Richelieu ne les aimait pas et qu'il les estimait encore moins; qu'il ne se servait de leur influence que pour les besoins de sa politique, soit pour agir contre le protestantisme, soit pour se débarrasser des derniers représentants de la féodalité.
Ce fut alors que les principaux docteurs de la Société de Jésus émirent et professèrent publiquement le probabilisme, la plus subtile et la plus pernicieuse des doctrines, qui fut victorieusement combattue par l’immortel Pascal et nos plus célèbres théologiens.
Nous voici ärrivés à la régence d'Anne d'Autriche; l’ultramontisme et le jésuitisme sont au comble de la faveur. #
Profitez-en, révérends pères, car le cardinal Mazarin, successeur de Richelieu, est trop fin diplomate et trop Italien pour vous accorder la moindre tonfiance.