‹ Les Jésuites hors la loiChapitre 6 sur 34 · SAT · texte numérisé non relu

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très-persuasif, comprit parfaitement l'importance de ses fonctions, au point de vue des intérêts de sa Compagnie. Jeté au milieu d’une cour où le roi donnait l'exemple du libertinage le plus effronté, il usa de la plus grande tolérance, et donna ainsi au crédit, à l'opulence des Jésuites de prodigieux développements. Ce fut sous le règne de Louis XIV qu'ils parvinrent, par la confiance et la considération que ce prince leur accordait, à attirer toute la cour dans leur collége de Clermont.

Dans l’unique but de donner au jeune monarque un témoignage d’admiration et de vasselage, ils enlevèrent à leur collége le nom qu’il portait, pour lui donner celui de Collége Louis-le-Grand. À cette occasion, on fit le distique suivant, dans lequel on reprochait aux disciples de Loyola de ne reconnaître d'autre Dieu que le roi :

Sustulit hinc Jesum, posuitque insignia regis, Impia gens, alium non habet illa Deum. -

En voici la traduction, qui date aussi du règne de Louis XIV :

Pour faire place au nom du roi, La croix de ces lieux est bannie; Arrête, passant, et connoi

Le Dieu de cette race impie.

Un Jésuite fameux, dont le nom est demeuré synonyme de duplicité, d’hypocrisie, Antoine Escobar, se fit le théologien de l'extrême tolérance et du laisserfaire. Le fabuliste La Fontaine écrivit contre ce fourbe l'épigramme suivante :

Veut-on monter sur les célestes tours?

Escobar suit un chemin de velours; Il ne dit pas qu'on peut tuer un homme

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sr UN =, Qui, sans raison, nous tient en alter cas, Pour un fétu, ou bien pour une pomme, Mais qu’on le peut pour quatre ou cinq ducats; Même il soutient qu’on peut, en certains cas, Faire un serment plein de supercherie, S'abandonner aux douceurs de la vie, S'il est besoin, conserver ses amours ; Ne faut-il pas après cela qu’on crie :

Escobar suit un chemin de velours.

Dans sa deuxième épître sur l'Amour de Dieu, Boileau s'attache principalement à combattre le probabilisme jésuitique ; il dit que les préceptes des disciples de Loyola « sont non-seulement faux, mais abominables et plus contraires à la vraie religion que l’hérésie de Luther et de Calvin.

Ils avaient un assortiment perse de doctrines des: tiné à satisfaire tous les goûts. Le même Boileau fit à ce sujet le quatrain suivant :

Si Bourdaloue, un peu sévère, Nous dit: — Craignez la volupté, — Escobar, lui dit-on, mon père, Nous la permet pour la santé.

De Bourdaloue lui-même on disait dans le monde de la dévotion nobiliaire et bourgeoise :

« — Il surfait beaucoup en chaire, mais il a soin de rabattre dans le confessionnal.»

En France, les Jésuites, de même qu’en Chine et au Japon où ils pactisaient avec l’idolâtrie, s’accommodaient parfaitement au temps et au lieu. Mais au fond, ils restaient fidèles au pape qu’ils reconnaissaient pour leur légitime et seul souverain. Ce fut une source permanente de conflits entre les révérends pères et les parle-

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ments. Îls osèrent même sous Louis XIV soutenir les principes de l’ultramontisme.

En 1673, l@ père Duhamel prêcha dans la cathédrale de Clermont que le pape est infaillible dans les décisions qui concernent la foi, la doctrine et les mœurs. Il compara le souverain pontife au cadrañ solaire qui est la règle infaillible dés horloges; de même, disait-il, le pape est la règle infaillible de l'Église.

Ce sermon fit grand bruit. L'avocat du roi s’en émut. C'était Domat, un des grands jurisconsultes dont la France s’honore, le seul même de nos anciens légistes qui ait cherché à éclairer le droit par la philosophie.

Les hommes noirs Le regardaient comme leur ennemi personnel ; il l'était en effet, dit le biographe de ce célèbre jurisconsulte, non de leurs personnes, mais de léurs mauvaises doctrines, de leur morale corrompue et de leurs pratiques dangereuses.

Domat était l'ami, le confident de Pascal : il réunissait donc dans sa personne tous les éléments hostiles à la Compagnie de Jésus. 11 dénonça le sermon du père Duhamel au procureur général comme contrevenant à une déclaration du roi qui ordonnait au Parlement d'enregistrer un avis de la Sorbonne consacrant les doctrines gallicanes, et qui défendait à toutes personnes de soutenir des doctrines contraires.

Domat dit avec raison que la question est capitale, que le séntiment de l’infaillibilité du pape s’insinue et se répand comme une doctrine dé foi; que si elle s’enracine dans les esprits, c’en est fait de l'autorité du roi. Le Parlement né manqua pas de prendre fait et cause pour lautorité royale ; il imposa au père Duhamel une rétractation publique. Mais les hommes noirs, tout-puis-

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sants auprès du roi par le père Ferrier, firent évoquer l'affaire au conseil. Le Parlement fut dessaisi, et on arrêta toutes les poursuites contre le père Duhamel ; on se contenta d’enjoindre aux prédicateurs de ne plus parler de semblables matières.

Le même Domat attaqua les Jésuites sur un autre terrain. L'éducation de la jeunesse était confiée à l'Oratoire ; les Jésuites eurent recours à la calomnie pour ruiner des rivaux dont ils voulaient se débarrasser; ils disaient que les élèves qui fréquentaient le collége de POratoire s’exposaient à la damnation éternelle; ils obtinrent bientôt par l’influence du confesseur du roi, un ordre qui les mettait en possession du collége de Clermont.

Domiat fut chargé de rédiger une requête au roi contre cette usurpation des Jésuites, et la présenta luimême à Louis XIV. Que firent les Jésuites? Le roi ayant fait avertir son confesseur que c'était contre sa Compagnie qu’on réclamait, le révérend père répondit avec impudence :

— Votre Majesté ne doit pas s'inquiéter de cette affaire, elle est accommodée.

Par ce mensonge, il obligea les supplianfs de se reürer, et la Compagnie resta en possession du collége de Clermont, malgré l’évêque, malgré les habitants, au mépris des ordonnances royales, au mépris de leurs vœux (1).

Domat sucecomba, de même que les jansénistes suecombèrent plus tard; mais les Jésuites ne surent pas profiter de leur victoire, ou plutôt ils en abusèrent. Ils

(1) Cousin, Étude sur Domat.

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auraient dû pourtant se montrer plus modestes et plus conciliants, car un redoutable adversaire leur avait porté des coups mortels dans des écrits qui sont restés un des chefs-d’œuvre de notre belle langue francaise.

Nous avons nommé Pascal et ses Provinciales.

Ge grand génie, dit Diderot, en composant ce magnifique pamphlet, semble avoir deviné de ces choses qui ne paraissent pas faites pour être devinées, la langue et la plaisanterie. La langue était bien loin d’être formée ; qu’on en juge par la plupart des ouvrages publiés dans ce temps et dont il est impossible de soutenir la lecture.

Dans les Provinciales, il n’y a pas un seul mot qui ait vieil,

Une autre entreprise non moins difficile était de faire rire les gens d’esprit et les honnêtes gens à propos de la grâce suffisante, du probabilisme du docteur Commode et du docteur Rigide, et des bizarres décisions des casuistes. Il fallait, pour dégager ce sujet, une finesse de tact d'autant plus grande que Pascal vivait fort retiré et éloigné du commerce du monde ; il ne put démêler que par la supériorité et la délicatesse de son esprit le genre de plaisanterie qui pouvait seul être goûté des bons juges dans cette matière insipide.

Il y réussit au delà de toute expression. Plusieurs de ses bons mots sont devenus proverbes dans notre langue, et les Provinciales seront éternellement regardées comme un modèle de goût, de style et de dialectique. Depuis Pascal, le mot escobarderie est synonyme d’hypocrisie dévote, de fausseté dans la vie publique et privée.

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Ge fut pour son ami Arnauld, condamné par la Sorbonne et exclu de son sein, que Blaise Pascal, élevé à la grande école de Port-Royal, écrivit les Lettres de Louis de Montalte à un provincial de ses amis et aux RR. PP. Jésuites, sur la morale et la politique de ces pères. Ces lettres sont au nombre de dix-huit; elles parurent successivement de janvier 1656 au mois de mars 4657. Jamais la librairie française n’obtint succès pareil : on attendait chacun de ces pamphlets avec une impatience d'autant plus grande que l’attaque devenait de plus en plus vive, non-seulement à Paris, mais encore dans les provinces, où les Jésuites étaient abhorrés ; on se disputait ces petits volumes, on riait, on admirait.

Les quatre premières lettres n’ont pour objet queles disputes sur la grâce et la censure d’Arnauld.

Dans les suivantes, Pascal, nouvel Hercule, armé non d'une massue, mais d’une plume terrible, attaque corps à corps l’hydre du jésuitisme, le probabilisme, la politique et surtout l'étrange morale de Loyola. Il les poursuivit par sa dialectique, par le ridicule qui tue beaucoup plus vite en France, avec une force comique et une élévation de style qui attirèrent l’admiration de l’Europe lettrée.

Grande fut la colère des hommes noirs, déjà toutpuissants à la cour licencieuse du jeune roi Louis XIV. Ils publièrent plusieurs réfutations des Provinciales, mais dans ces nombreux écrits on ne trouve que des injures d’une grossièreté, d’une trivialité qui répugnent à tout lecteur bien élevé.

La cour de Rome s’empressa de prendre la défense de ses gardes prétoriens. Elle condamna solennelle-

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mént les Provinciales en 1657; en France même, (chose bien triste à dire}, des arrêts du Parlement d’Aix et du conseil d'État, firent brûler ce chefd'œuvre éminemment français par la main du bourreau.

Mais, comme l’a dit plus tard Camille Desmoulins, brûler n’est pas répondre. Aussi les flammes des fameux bûchers dressés pour brûler les Provinciales, ne servirent-elles qu'à mettre en plus grande lumière le succès des pamphlets anti-jésuitiques. L'œuvre capitale de Pascal fut traduite dans toutes les langues de l'Europe, et le savant théologien Nicolle en publia une traduction latine sous le nom de Wendrock.

Plusieurs écrivains ont contesté la vérité des accusations dont les Jésuites sont l’objet dans les Provinciales; ils ont accusé Pascal d’avoir attribué à une compagnie entière les opinions de quelques-uns de ses membres, et d’avoir accepté trop légèrement les ma= tériaux que lui fournissaient les jansénistes de Port- Royal.

Rien n’est plus facile que la justification du grand Pascal.

Voici un passage tiré du provincial Escobar :

« En vérité, quand je considère tant de divers sentiments sur'les matières de morale, je pense que c’est une heureuse disposition de la Providence qui, par cette grande variété d'opinions, nous fait porter agréablement vers le Seigneur.

« Donc, la Providence à voulu qu'il y eût plusieurs voies à suivre dans les actions morales, et que la même action püt être trouvée bonne, soit qu’on agit Suivant une opinion, Soit qu'on swvit l'opinion contraire...

« Aïnsi, les sujets sont obligés ct ne le sont pas de payer tribut, suivant deux probabilités opposées.

« Certainement, ils sont autorisés par la raison que, de même que le prince impose justement le tribut conformément à l'opinion qui assuré avec probabilité que cela est juste ;

« De même, le sujet peut justement refuser le ibut, en suivant l'opinion qui affirme que probablement le tribut est injuste. » (Escopar, tome LE, livre 1, page 93, édition de Lyon, 1652.)

Eh bien! révérends pères casuistes ultramontains, cette morale épouvantable ne mérite-t-élle pas de figurer dans les archives du vol, de l’adultère, de l'assassinat! Avec le probabilisme jésuitique, il n’y a plus ni vertu, ni Crime ; la vie humaine devient une promiscuité qui ne doit avoir de nom dans aucune langue.

Le père Gobat, pour varier un peu les formes sco- Jastiques du probabilisme, enseigna la même doctrine en mettant en jeu deux pères, dont l’un est le père Commode et l’autre le père Rigide. « Il se trouve assez souvent, dit-il, deux religieux, dont l’un peut se nommer le père Commode et l’autre le père Rigide.

« Le premier, parce que, en examinant un pénitent, en lui imposant la nécessité de faire pénitence, de restituer, de quitter une liaison criminelle et d’interpréter telle ou telle promesse soit simple, soit revêtue de formes d'un contrat ou appuyée par la rekigion du serment, soit le plus souvent des opinions favorables au pénitent, agréables, faciles, etc.

« Le père Rigide, au contraire, est tel, parce qu'il tient une conduite tout opposée, qu’il a coutume de suivre une autre route;

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« Il est question de savoir maintenant lequel des deux agit le mieux, lequel est celui que l'on doit imiter...

« Pour moi, mon avis est qu’il faut absolument louer, approuver et suivre les confesseurs doux et les juges commodes du for intérieur, plutôt que les rigides, quoique ceux-ci soient aussi, à quelque égard, dignes de préférence. »

« L'expérience nous a appris, ajoute Gobat, que la rigueur observée dans les six ou huit premiers siècles de l’Église, ne convient pas aux mœurs des siècles suivants ; or, il faut aller comme les temps : nouveaux maux, nouveaux remèdes. Ne voit-on pas aujourd’hui beaucoup de prédicateurs qui sont des lions dans la chaire, mais qui, au confessionnal, sont des chiens, non des chiens cruels mais caressants, comme le dit saint Grégoire? »

Encore une fois, casuistes de l’ultramontisme, qui vivez sous l'influence et sous la direction de la Compagnie de Jésus, que pensez-vous de cette théologie effrontée, de cette appréciation du bien et du mal ?

Suarès, le grand Suarès, le Jésuite par exeellence, dit que « nous sommes obligés d'aimer Dieu, quelque temps... » Mais en quel temps ? Chacun en reste le juge.

Pour lui, il n’en sait rien, du moins il le déclare ; donc le probabilisme jésuitique est la négation de la vraie morale, même de la religion chrétienne.

Donc, le grand Pascal eut raison, mille fois raison, de livrer à la risée et à l’exécration les casuistes de la

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Quant à leur politique, on sait qu’elle peut se résumer en ces mois :

« Domination universelle pour la Compagnie de Jésus. »

Ge but, ils ont cherché à l’atteindre par l’assassinat, et Pascal qui avait pu connaître des personnes témoins de la mort du roi Henri, ne fit que traduire une opinion générale, en rendant la Compagnie entière responsable du sang versé.

On savait déjà par expérience que le Jésuite n’a d'autre religion, d'autre politique, d'autre vue que le triomphe de son ordre; qu'il combattra le pape et l’empoisonnera au besoin, s’il contrarie ses projets. Qu'il n'existe pour lui ni parents, ni amis, ni patrie; qu’il se montre Catholique jusqu’au fanatisme dans les pays catholiques, Chinois chez les Chinois, Musulman chez les Musulmans. On peut lui appliquer ces vers de Zaire :

J'eusse été, près du Gange, esclave des faux dieux, Chrétienne dans Paris, musulmane en ces lieux.

O grand Pascal, tes Provinciales mirent à nu la plaie hideuse du jésuitisme, mais mn impuissantes à en délivrer Le beau royaume de France que les révérends pères devaient exploiter comme des larrons pendant la durée du règne de Louis XIV, roi-jésuite, affilié aux Jésuites, parce que ces prêtres flattèrent en toute circonstance ses passions et son orgueil.

Un autre adversaire vint en aide à Blaise Pascal dans sa mémorable lutte contre la Compagnie de Jésus ; Avcnauld, le grand Arnauld, l'illustre docteur de Port- Royal, irrité des injustes persécutions dont il avait été

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l'objet pour fait de jansénisme, publia son grand ouvrage intitulé : la Morale pratique des Jésuites (1). Cet ouvrage suivit d'assez près les Provinciales ; c'est une satire ampoulée et de mauvais goût qui se ressent un peu des plaidoyers de Pasquier, il n’en produisit pas moins une grande sensation, surtout à Rome; On y trouve à chaque page des preuves de la fausseté et des tendances criminelles de l'institut de Lovola. Les faits Y sont exposés avec une clarté terrifiante pour les révérends pères. Arnauld jeta sur ses ennemis un vernis odieux dont ils n’ont pu se laver depuis. Cependant les évêques, tous ultramontains pendant le règne de Louis XIIE, étaient devenus royalistes ardents, sinon convaincus, sous Louis XIV. Les Jésuites qui avaient survécu à l'acte d'accusation si terrible et si concluant de Blaise Pascal, et à la dialectique du grand Arnauld, se firent d’abord les très-humbles serviteurs du jeune roi. D'ailleurs Louis qui devait être en France la représentation la plus éclatante et la plus égoïste du pouvoir absolu, n’était pas d'humeur à admettre des religieux portant la moindre atteinte à son autorité. Mais il sympathisait avec les disciples de Loyola, dont les principes sont aussi basés sur l’absolutisme, sur Jà soumission la plus aveugle, la plus humble, la plus abjecte. Ces révérends pères, qui étaient devant leur général comme des cadavres, ainsi qui est dit dans les constitutions d’Ignace, acceptèrent volontiers la tyrannie du fils d’Anne d'Autriche. Comme il entrait dans les principes de leur ordre de s’accom-

(1) Cet ouvrage a six volumes. Quelques auteurs prétendent que le second est seul du grand Arnauld. Dans tous les cas c’est le plus accablant pour les Jésuites,

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moder aux temps et aux lieux, conformément aux instructions données aux missionnaires en Chine et en Amérique, les doctes et rusés professeurs du collége Louis-le-Grand se donnèrent avec enthousiasme à ‘Louis XIV, dont ils dirigeaient la conscience.

Pour consolider leur influence, ils eurent recours aux plus basses intrigues, à toutes les ruses imaginables. Les confesseurs du Roïi-Soleil profitèrent de leur crédit pour sauvegarder leur ordre contre les parlements, contre la Sorbonne, et surtout contre l'Université, adversaires irréconciliables des fausses et énervantes doctrines de Loyola.

Ils avaient aussi à se défendre contre les évêques et le clergé. Bossuet qualifiait leurs dogmes pervers de poisons mortels; les curés de Paris les désignaient sous la qualification flétrissante de pestes de consciences. Nous trouvons les mêmes qualifications, avec preuves longuement établies et motivées, dans les plaintes formulées par plusieurs assemblées du clergé de France en 1641, 1656 et 1682 et dans les Instructions pastorales de plusieurs évêques du dix-septième siècle.

« À cette époque, dit M. Rochelle dans son Ultra montisme dévoilé, la grande majorité, des évêques trançais était très-opposée aux Jésuites. Cependant, il y avait quelques prélats imbus de leurs maximes et qui les défendirent contre les arrêts des parlements. l’évêque de Saint-Pons, par exemple, poussa le fanatisme pour la Compagnie de Jésus, jusqu’à comparer le langage de son collègue d'Angers, à celui que Pilate tenait aux Juifs, et à assimiler la Société au Christ lui-même... »

fei n’oublions pas de noter que M. Pie, évêque de

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