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CHAPITRE VIII

Dévastation du pays des hurons et Émigration de la mission Huronne a Québec.

La cruauté des Sauvages vainqueurs de nos chrétiens dans leur propre pays, inspira à ces derniers une telle épouvante qu’ils s’exilèrent volontairement, et se réfugièrent, les uns au fond des plus épaisses forêts, les autres sur les écueils arides de la Mer douce 2 aimant mieux s’exposer à ces précipices et à ses abîmes, qu’au feu des Iroquois ; d’autres encore chez une nation, que nous nommons la Nation neutre, parce qu’elle était alors en paix avec les deux partis, et d’autres enfin dans les montagnes de la Nation du Petun,

Le petit nombre qui restait, nous supplia de rester avec eux, sans plus nous éloigner. Ceux qui n’étaient pas chrétiens s’engagèrent à le devenir tous, et les chrétiens à être fidèles dans la Foi jusqu’à la mort.

Pour n’en laisser aucun sans secours, plusieurs d’entre nous suivirent ces fugitifs sur les écueils de la Mer douce, et dans les forêts de trois cents milles et au-delà, afin de les consoler et de cultiver la Foi, à peine naissante dans leurs cœurs ; d’autres allèrent dans les montagnes de la Nation du Petun.

Quelques uns, cédant aux désirs Dressants de plusieurs Sauvages, s’occupaient à rassembler ceux qui étaient dispersés afin

1 Ut merear toi Sanctorum patrocinio victoriam in tam forti certamine.

’ Le lac Huroii.

<T en faire un seul troupeau 1 . Ils avaient choisi pour retraite une île de la Mer douce, éloignée de nous de 24 à 25 milles. Il fallut donc aussi nous exiler pour les suivre, et dans la crainte que les ennemis ne profanassent les lieux saints, réduire nous-mêmes en cendres notre maison et notre chapelle, modestes édifices, que nous avions élevés dans le cours de neuf à dix ans. Nous donnâmes à cette île le nom d’île Saint- Joseph et à la résidence, que nous y transportions, celui de Sainte-Marie, qu’elle avait auparavant.

Ces forêts, intactes peut-être depuis la création du monde, nous donnèrent asile, et nous fournirent des matériaux, pour nous y fortifier avec nos Sauvages contre nos ennemis communs, afin que délivrés de la crainte des ennemis , nous pussions servir notre commun Maître 2.

Nous avions avec nous quarante laïques, qui par dévouement et sans espérance d’aucune récompense temporelle, s’occupaient dans cette Mission à toute espèce de travaux, chacun selon son talent. Tous servaient comme soldats quand il s’agissait de défendre ces pauvres fugitifs contre les attaques des autres Sauvages.

Us mirent tous la main à l’œuvre avec les Sauvages, et avec tant d’activité que, dans un été, nous nous sommes trouvés parfaitement fortifiés, nous et nos chrétiens, que nous vîmes aussitôt accourir de tous côtés, afin d’avoir le bonheur de recevoir, à l’abri de tout danger, l’instruction nécessaire pour la conservation et le développement de leur foi.

Mais les joies de cette vie sont toujours mêlées de quelque amertume. Cette grande agglomération, qui était le but de tous nos efforts, fut en partie la cause de la ruine de cette nation. En effet ce sol jusque là sans culture, et qu’une population épuisée par la faim, et occupée à se loger et à se fortifier elle-même, ne put mettre en si peu de temps en état de culture, fut incapable de produire assez, pour subvenir aux besoins de tant de gens affamés et accablés de tant de calamités depuis plus d’une année.

1 Ut dispersos congregt remus i in unum.

* Luc I, 74.

Aussi malgré les grandes aumônes que nous fîmes de 800 sacs ÿe blé d’Inde et de glands mêlés, nourriture qu’on trouve délicieuse en pareille circonstance, et dont nous nous privions nousmêmes en leur faveur, nous ne pûmes empêcher plusieurs centaines d’entre eux de mourir de faim dans le courant de l’hiver.

Pendant l’été, les uns avaient recueilli dans les forêts des racines amères et des fruits sauvages ; d’autres sur les bords du grand lac, avaient pu prendre quelques petits poissons, mais comme à la dérobée par crainte des ennemis. Ils avaient ainsi trouvé le moyen de retarder leur mort, plutôt que de prolonger leur vie. Mais quand, en hiver, la terre se couvrit de six à sept palmes de neige, et les lacs et les fleuves d’une glace épaisse, ils n’eurent plus aucune ressource ni sur terre, ni sur eau, et alors leur misère devint extrême.

C’était un spectacle horrible de voir au lieu d’hommes, des squelettes moribonds, semblables aux ombres de la mort plutôt qu’à des corps vivants, aller et venir, et prendre pour se nourir les choses les plus répugnantes à la nature. Ils arrachaient de la terre les cadavres que nous avions ensevelis de nos propres mains, car souvent les parents des défunts n’en avaient pas la force, et ils s’en nourrissaient ainsi que des restes des renards et des chiens. De quoi n’est pas capable un homme affamé ? On sait que les Hurons, quand ils étaient infidèles, mangeaient 1 ïes cadavres de leurs ennemis, mais ils éprouvaient autant d’horreur que les Européens à se nourrir de leurs compatriotes Dans cette circonstance, la nécessité renversait toutes les lois. Des frères ont dévoré le cadavre de leur frère, des mères ceux de leurs enfants, des enfants celui de leur père.

Une scène qui se renouvelait souvent, c’était de voir de petits enfants s’attacher encore au sein de leur mère après sa mort, des mères expirer avant d’avoir pu être délivrées, ou des enfants mourir sur leur sein, qu’elles offraient même à ceux qui

1 Ce trait de cruauté ne doit pas faire passer le peuple huron pour anthropophage. Cette hideuse coutume tenait à une idée supertitieuse, commune à presque toutes les nations du nord, plutôt qu’à une soif de sang humain. En se nourrissant de leurs ennemis, surtout quand aeux-ci avaient montré du courage, ilscroyatent s’incorporer quelque ahose de leur force d’âme ou de leur vertu guerrière.

étaient plus âgés, mais dont ils tiraient plutôt du sang que du lait. Elles montraient une résignation si héroïque et si chrétienne, que ce spectacle faisait couler des larmes d’attendrissement plus encore que de pitié. J’ai vu un moribond venir demander le baptême, comme un passeport pour l’autre vie.

Nous n’entendions sortir de la bouche de ces infortunés que des bénédictions, dans un temps où il semble que le malheur n’aurait dû les porter qu’au blasphème. Quelques-uns nous demandaient de les enterrer tout vivants, dans la crainte qu’ils ne servissent d’aliment à leurs proches, ou ne fussent abandonnés sans vêtement, ce qu’ils regardaient comme plus honteux pour un mort que pour un vivant.

Jamais nous n’avons autant multiplié les instructions, les prédications, l’administration des sacrements et jamais nous ne les avons vu recevoir avec plus de piété, non seulement les jours de fêtes, mais même les jours ouvriers. Ce travail joint à la visite des malades et à la sépulture des morts, était l’occupation journalière de nos missionnaires.

A tous ces maux il faut ajouter la crainte des ennemis. Elle nous faisait veiller les nuits entières, pour ne pas nous laisser surprendre, comme l’année précédente ; mais ceux-ci, instruits de notre état de défense, de la vigilance et de l’ordre qui régnait dans l’île, tournèrent leurs armes d’un autre côté, comme nous avons dit.

Un grand nombre de ceux que nos aumônes avaient mis à l’abri du fléau de la famine, furent attaqués par une maladie contagieuse, qui, en peu de jours, fit de grands ravages, surtout parmi les enfants.

Il ne manquait plus que la guerre, pour achever de les détruire, et elle ne tarda pas, en sorte qu’ils se virent poursuivis par les trois fléaux à la fois.

En effet aussitôt que les glaces commencèrent à fondre, et la terre à se découvrir, nos Sauvages à moitié morts, sortirent de l’île, où ils avaient été tenus assiégés par la faim, et allèrent chercher de quoi vivre par tous les genres de pêche ; mais là où ils espéraient trouver la vie, ils ne rencontrèrent que l’escla-

vage ou la mort. Us voulaient e'viter de mourir de faim, et ils périrent dans les flammes. Us tombèrent entre les mains de leurs ennemis, occupé^. les rechercher de tous les côtés, surtout pendant la nuit, et ils ne purent leur opposer aucune résistance, car ils étaient divisés en plusieurs bandes, et avaient avec eux leurs femmes et leurs jeunes enfants qui ne servaient qu’à augmenter l’effroi et la confusion.

Us apprirent de plus en ce moment que deux armées ennemies marchaient contre eux, l’une pour ravager la campagne, l’autre pour exterminer la nation. Alors deux des plus anciens Capitaines vinrent, en secret, trouver le Supérieur et les autres missionnaires, et leur parlèrent en ces termes :

“ Frère, tes yeux te trompent lorsque tu nous regardes. Tu “ crois voir des hommes vivants et tu ne vois que des spectres “ et des âmes de trépassés. Cette terre que tu foules aux “ pieds, va s’entr’ouvrir pour nous engloutir avec toi, afin que “ nous soyons au lieu qui nous est dû, parmi les morts. Il faut “ que tu saches, frère, que cette nuit, dans un conseil, on a “ pris la résolution d’abandonner cette île. La plupart de nous “ ont dessein de se retirer dans les bois, afin de vivre solitaires, “ et qu’homme du monde ne sachant où ils sont, l’ennemi ne “ puisse en avoir connaissance. Quelques-uns veulent s’en aller “ à six grandes journées d’ici. Les autres s’acheminent vers “ les peuples d’Andastoé, 1 alliés de la Nouvelle-Suède. “ D’autres disent tout haut, qu’ils vont mener leurs femmes et “ leurs enfants, pour se jeter entre les bras de l’ennemi, où ils “ ont un grand nombre de leurs parents qui les réclament, et “ qui leur donnent avis qu’ils aient à se sauver au plus tôt d’un “ pays désolé, s’ils ne veulent périr sous ses ruines. Frère, que “ feras-tu, solitaire dans cette île, lorsque tout le monde t’aura “ quitté ? Es-tu venu ici pour cultiver la terre ? Veux-tu ensei-

1 Les Andastoeronnons à 150 lieues environ des Hurons vers le sud, parlaient la même langue que ces derniers, et furent toujours leurs alliés fidèles. En 1047, à la nouvelle de la guerre acharnée que les Iroquois faisaient aux Hurons, ils envoyèrent à ceux-ci des députés pour leur offrir du secours. Dans leur style énergique, ils leur dirent : “ Nous avons appris que vous avez des ennemis: vous n’avez qu’à

nous dire : ‘ Levé ta hache,’ et nous vous assurons qu’ils feront la

paix, ou bien nous leur ferons la guerre.”

*“ gner à des arbres ? Ces lacs et ces rivières ont-ils des oreilles 4‘ pour écouter tes instructions ? Pourrais-tn suivre tout ce “ monde qui va se disperser ? La plupart trouveront la mort, “ où ils espèrent trouver la vie. Quand tu aurais cent corps “ pour te diviser en cent lieux, tu ne pourrais pas y suffire ; tu u leur serais à charge, et tu leur ferais horreur. La famine “ les suivra partout, et la guerre les trouvera.

“ Frère, prends courage ; toi seul peux nous donner la vie, “ si tu veux faire un coup hardi. Choisis un lieu où tu puisses “ nous rassembler, et empêche cette dispersion. Jette les yeux “ du côté de Québec, pour y transporter les restes de ce pays “ désolé. N’attends pas que la famine et la guerre nous aient “ massacrés jusqu’au dernier.

“Tu nous portes dans tes mains et dans ton cœur. La mort “ t’en a ravi plus de dix mille ; si tu diffères davantage, il “ n’en restera plus un seul, et alors tu auras le regret de n’avoir “ pas sauvé ceux que tu aurais pu retirer du danger, et qui t’en “ présentent les moyens. Si tu écoutes nos désirs, nous ferons

une église à l’abri du fort de Québec. Notre foi n’y sera pas “ éteinte. Les exemples des Algonquins et des Français nous “ maintiendront dans notre devoir. Leur charité soulagera une “ partie de nos misères, et au moins y trouverons-nous quel- “ quefois un morceau de pain pour nos petits enfants qui, “ depuis si longtemps, n’ont que des glands et des racines amè- ■“ res pour soutenir leur vie. Après tout, dussions-nous mourir “ là avec eux, la mort nous y sera plus douce qu’au milieu des 41 forêts, où personne ne nous aiderait à bien mourir, et où “ nous craignons que notre foi ne s’affaiblisse avec le temps, “ quelque résolution que nous ayons prise de la chérir plus “ que nos vies.”

Cette affaire était trop importante pour ne pas demander le temps de la réflexion, et un jour, deux jours, dix jours, ne suffisaient pas pour la conclure. Ce n’était pas peu de chose que d’abandonner un pays, objet de tant de désirs et théâtre de tant de travaux, pays que nous regardions comme la clef de beaucoup d’autres Missions chez un grand nombre de peuples

inconnus, et au milieu duquel nous avions alors, outre les six Missions de langue huronne, cinq autres de differentes tribus algonquines. D’un autre côte' les raisons des Sauvages paraissaient sans réplique, et convaincantes.

Que faire ? nous redoublons nos dévotions, nous faisons les prières des quarante heures. Nous interrogeons le Ciel ; nous tenons conseil, nous examinons cette affaire quinze et même vingt fois ; il nous semble de plus en plus clair que Dieu avait parlé par la bouche de ce Capitaine. Il avait dit vrai ; le pays des Hurons n’était plus qu’une terre d’horreur et de carnage, habitable seulement pour les furies de l’enfer. Partout où nous jetions les yeux pour chercher un refuge, nous trouvions la famine et la guerre. Il n’y avait que le séjour dans la colonie française qui nous offrît l’espérance d’en sauver un grand nombre, et les moyens de les instruire plus facilement dans la foi, qu’ils venaient à peine d’embrassex-.

Nous nous avouâmes vaincus par les raisons des Sauvages, et d’un commun consentement bien que contre notre inclination, nous nous rendîmes à leur demande ; mais comme l’ennemi ne dormait pas, il était nécessaire de hâter le plus possible l’exécution de ce projet, avant que l’Iroquois ne vînt nous dresser des embûches sur la route.

Nous abandonnâmes donc, mais non sans verser des larmes, ce pays chéri, arrosé de nos sueurs et du sang de nos frères, qui déjà nous promettait une abondante moisson, et nous donnait à tous l’espérance de les imiter, et dans leur vie et dans leur mort.

Notre seule consolation fut d’emmener avec nous de pauvres familles chrétiennes, environ trois cents âmes, tristes reliques de cette nation, autrefois très-nombreuse, mais alors presque entièrement détruite. C’est au moment même qu’ils étaient le plus fidèles à Dieu que les épreuves les visitèrent ; le Ciel y avait ses élus ; il s’est peuplé de nos dépouilles en dépeuplant la terre ; il s’est enrichi de nos pertes. Ces restes infortunés, échappés aux fléaux de Dieu, n’ont point perdu la foi en perdant leurs^biens, leur patrie et leurs parents. Cette dernière

année, nous avons même donne' le baptême' à plus de trois mille personnes, qui maintenant, nous l’espérons, en recueillent les fruits dans le Paradis.

Nous partîmes de chez les Hurons, au commencement de mai, et après avoir parconru 900 milles de chemin, au milieu de bien des difficultés, à travers d’innombrables dangers, et avoir fait plusieurs fois naufrage, nous arrivâmes enfin tous à Québec, en parfaite santé, le 28 juillet 1650. Peu de temps après, trois cents autres Hurons vinrent nous rejoindre.

Bien qne Monsieur le Gouverneur, quelques particuliers et les deux couvents de religieuses aient pris soin de plusieurs familles, même au-delà de leurs moyens, néanmoins, la plus grande charge pesa sur nos épaules. Nous l’avons acceptée volontiers dans l’intérêt spirituel et temporel de ceux qui restaient, et Dieu ne les a pas jusqu’ici laissés mourir de faim. Mais il nous a fallu pour subvenir à tous ces besoins, décharger la mission de quelques-uns de ses ouvriers qui, du reste, n’étaient plus nécessaires pour si peu de monde.

Si le lecteur me demande quel sera le sort de cette Mission, si elle se rétablira jamais, s’il y a espoir que les Hurons et leurs missionnaires puissent y retourner un jour, je donnerai pour réponse ces paroles du Psalmiste : Les jugements de Dieu sont un abîme insondable 1. Cependant si l’on parvient à abattre l’orgueil des Iroquois, pourquoi cette belle Mission ne se rétablirait-elle pas ? Je sais qu’il y a à cela de grandes difficultés ; mais ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu , qui peut tout 2. Et d’ailleurs, le monde ne sera détruit qu’après que X Évangile aura été prêché en tous lieux. Or dans les contrées de l’ouest, depuis le pays des Hurons jusqu’à la mer de la Chine, on trouve des nations immombrables, auxquelles le Royaume de Dieu n'a pas encore été annoncé. Il faut donc qu’un jour l’Évangile arrive jusqu’à eux, lors même que ces Missions seraient interrompues quelque temps.

Dieu sait quand ce moment viendra. Il ne nous appartiens

1 Ps 35. 7.

1 Luc. xvin, 27.

pas de connaître le temps et les moments que le Père a fixés dans sa puissance 1 ; mais il est juste que nous lui demandions avec instance, que son règne arrive au plus tôt, et que tous les peuples et toutes les nations le bénissent, afin qu'il n'y ait qu'un seul troupeau et un seul Pasteur et que tous ensemble nous chantions les louanges de Celui qvi vit et règne dans les siècles des siècles.

Il reste encore au Canada environ trente missionnaires, distribués dans plusieurs Missions, les unes stables, les autres volantes, à Tadoussac, du côté des Anglais, chez les Attikamègues 2, etc., sans compter le College de Québec, et les résidences de Sillery, des Trois-Rivières et de Montréal, dont nous avons parlé en commençant. Tous les ans on écrit leur histoire en français 3. Il sera plus facile de se faire une idée de ces endroits en jetant les yeux sur la carte dressée pour cet ouvrage ; malheureusement elle n’est pas prête ; mais les personnes qui désireront se la procurer, pourront l’avoir dans peu de temps avec les gravures qui représenteront les Sauvages et les effets de leur cruauté 4.

1 Act. i, 7.

2 Les Attikamcgues on Poissons-Blancs occupaient la hauteur des terres où le Saint-Maurice prend sa source.

3 Ce sont les Relations publiées chaque année par les missionnaires.

* Rien de tout cela (ni carte, ni gravures) ne nous est parveuu ;

nous y suppléons de notre mieux.

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