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quefois jusqu’au cou, et souvent ne peuvent se sauver, qu’à la nage. Plus d’une fois les barques ont péri, parce que celui qui les traînait ne pouvait pas résister à la violence du courant.
Le trajet que les autres voyageurs font pendant ce temps-là par terre, avec des charges pesantes sur le dos, est presque aussi pénible. Ils ont à traverser des forêts incultes, remplies de broussailles et de rochers, et à franchir les torrents et les marais, à moins qu’ils ne trouvent quelque tronc d'arbre qui leur serve de pont ; mais ce pont leur offre souvent plus de danger et de difficultés que l’eau même et la boue.
Ils sont de plus tout ce temps poursuivis à chaque pas nonseulement par la crainte de voir paraître leurs ennemis, mais encore par les piqûres aiguës d'innombrables moustiques, et d’autres petits insectes très-importuns.
Il y a en outre le danger de mourir de faim. En effet comme on ne rencontre pas d’hôtellerie sur son chemin, il faut qu’on porte avec soi des vivres pour les trois ou quatre mois, que durent ces voyages pour aller et venir. Or, afin d’alléger leur charge le plus possible, nos Sauvages cachent dans les bois sur leur route une partie des provisions destinéc: au retour ; ces provisions ne sont autre chose que du blé d'Inde. Mais si d’autres Hurons découvrent êt enlèvent ce trésor, ou si les ours ou autres animaux le mangent, ou si la pluie le détériore, comme il arrive souvent, il leur faut jeûner, et cependant ramer tout le jour, jusqu’à ce que la chasse ou la pêche vienne à leur secours.
Mais si cette navigation a lieu à la fin de l’automne, ils courent de plus le danger de trouver les fleuves gelés, et alors il leur faut mourir de faim ou de froid, ou bien passer six mois dans les forêts, s’occupant à chasser pour vivre plutôt qu’à voyager pour regagner leurs foyers.