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CHAPITRE IV

AUTRE DIFFICULTÉ..DE LA CONVERSION DES SAUVAGES ET EN PARTICULIER DE CELLE DES HURONS.

Je'ne parlerai pas des difficultés intrinsèques et très-grandes qui. venaient, du peuple lui-même, comme d’avoir vieilli de temps immémorial dans les superstitions, de divorcer sous les prétextes les plus frivoles ; de jouir d’une liberté incroyable en toutes choses, sans être retenu par aucune loi, ni aucune autorité ; d’être obligé de consentir à un changement vraiment substantiel et total, non pas pour passer d’une mauvaise religon à une bonne, mais pour adopter la véritable religion, après n’en avoir eu aucune. Ajoutez l'obligation pour les

Sauvages chrétiens de renoncer non-seulement aux récréations les plus innocentes, mais même aux remèdes de la médecine, parce qu’ils croyaient, quoique sans fondement, trouver partout de la superstition; et enfin l'impossibilité où ils se voyaient d’allier les fonctions publiques avec la profession de la foi, parce que les capitaines étaient obligés par leur charge, d'inviter et d’exhorter à toutes les cérémonies superstitieuses et souvent déshonnèêtes.

Disons donc seulement un mot des difficultés provenant du dehors, et qui nous étaient en grande partie personnelles.

Il y a chez ce peuple, comme on sait, des hommes qui passent pour sorciers ou devins ; or dès le premier jour qu'ils nous virent, ils s’'aperçurent bien que notre religion était entièrement opposée à leurs superstitions vraies ou imaginaires ; aussi furent-ils les premiers à nous déclarer la guerre. Deux fois, dans un temps de sécheresse extraordinaire, qui:menaçait le pays d’une famine, ils dirent tout haut qu'il fallait attribuer ce fléau à une croix, que nous avions érigée à notre arrivée. Mais le P. de Brebeuf, après leur avoir donné des raisons bien convaincantes, les détermina à ne pas renverser cette croix, et à ne pas nous chasser comme sorciers ; il leur promit la pluie s'ils voulaient non-seulement ne pas l’abattre, mais invoquer avec lui le Dieu-homme, qui l'avait sanctifiée en y mourant pour nous. Dans ces deux circonstances, après une neuvaine une fois à Saint Joseph et l’autre à Saint Ignace, notre Fondateur, à peine achevait-on de faire la procession qu’ou obtint la pluie désirée.

Cette difficulté ainsi vaincue, il s’en ent une autre encore plus grande. Les Sauvages avaient l’intime conviction, que le baptême était un sortilége qui causait la mort. En effet, quoique parmi les personnes baptisées, il y en eût plusieurs, dès les premiers temps, qui non-seulement ne moururent pas, mais qui semblèrent même avoir été comme rappelés à la vie par ce sacrement, cependant comme nous ne baptisions durant l'épicémie générale, que les malades en danger et les moribonds suffisamments instruits, qui souvent rendirent le dernier

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