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soupir immédiatement après le baptême, les Sauvages se persuadèrent que de recevoir ce sacrement ou un passe-port pour l'autre vie, c'était la même chose. Ajoutez à cela l’usage qu'ils avaient de menacer les enfants de l’eau, comme ici on les menace de la verge.
En troisième lieu, ils nous regardaient, en général, comme la cause d’une espèce de peste, inconnue jusque là dans le pays, et qui le ruina presqu’entièrement. Leurs soupçons on plutôt leur ferme persuasion s’appuyait :
1° Sur le témoignage de leurs soi-disant magiciens aussi bien que des hommes marquants : le peuple est toujours crédule et admet tout sans examen.
20 Sur le fait suivant : Dans les commencements, les missionnaires tombèrent presque tous malades en même temps ; or, quoiqu'’ils n’eussent ni médecines, ni remèdes, ni aucune des commodités de la vie, et qu’on ne leur donnât, pour tout soulagement, qu’un peu de gibier sauvage, cuit à l’eau pure et sans sel, cependant dans ce besoin extrême et ce dénuement total, ils se rétablirent en peu de jours, et recouvrèrent une santé parfaite, tandis que les Sauvages avec tous leurs remèdes naturels et superstitieux, mouraient presque tous.
Il est bien vrai qu’il faut convenir que notre guérison dans ce pays, fut un effet de la protection toute spéciale de Dieu. Quelqu'un ayant demandé au missionnaire, auteur de la lettre citée plus haut, avec quel remède il avait guéri les plaies multipliées et dangereuses que lui avaient faites les Iroquois, plaies telles que d’habiles médecins d'Europe ont avoué qu’ils n’en auraient pas entrepris la cure sans inquiétude, celui-ci répondit qu’il n’avait pas employé d'autre remède, qu’une diète très-sévère et forcée, ni d'autre instrument que ses dents, avec lesquelles il coupait jusqu’au vif les chairs gâtées, et arrétait ainsi la gangrène, qui s'était déjà déclarée dans trois endroits différents de ses mains déchirées.
3° Sur cet autre fait : Quoique nous fussions presque continuellement auprès des malades les plus dégoûtants et les plus dangereux, et qu'ils mourussent entre ros mains, aucun de
nous ne contracta la contagion. Ils en concluaient que nous étions comme des esprits, et ils croyaient que nous avions fait alliance avec la mort, et un pacte avec l'enfer.
- 49 Sur l’aveu présumé et tacite des accusés. Nous avions commencé à Québec un Séminaire de jeunes Hurons, qui devaient être, selon nos espérances, d'un grand secours pour propager notre sainte foi dans leur pays. Mais ces jeunes Sauvages ont bien peu de caractère, et se laissent plus facilement pervertir, qu’ils ne convertissent les autres ; aussi avons-nous depuis mieux aimé prendre des hommes d’un âge mûr. Pour commencer, nous avions été obligés de faire de grands présents aux parents de ces enfants, et de donner à ceux-ci de bonnes raisons pour leur persuader de vivre avec nous.
Le missionnaire chargé de ces jeunes garçons avait dit, paraît-il, à l’un d’eux, pour l’engager à rester à Québec, “ de “.faire attention que s’il retournait dans son pays, il pourrait “ bien mourir de la maladie générale qui allait le désoler. ”
- Il n’est pas certain que le missionnaire ait été aussi positif, mais il est hors de doute qu’il pouvait l'être ; car on savait qu’il y'avait eu d’importées cette année-là beaucoup de marchandises empestées, et que la maladie avait déjà attaqué bien des Sauvages.
Quoi qu'il en soit, le jeune homme de retour dans son pays, ne vit pas plus tôt les progrès du mal, qu’il rapporta aux capitaines que le Père qui avait voulu le retenir à Québec, lui avait annoncé ce malheur. Ils en conclurent que le missionnaire avait connaissance du fléau, et par suite que lui et sés compagnons en étaient les auteurs. Quelques-uns ajoutaient même que nous avions apporté pour cela de France un cadavre, ique nous conservions avec grand soin dans notre logis. Ils faisaient allusion au Très-Saint Sacrement, conservé dans notre ithapelle, et dont nous-avions parlé à nos chrétiens. Ils voulaient donc visiter notre logis, et chercher partout ce cadavre ‘qui était cause de la peste. Ils en disaient autant de certaines “images et d’autres objets. Les prières que ‘nous faisions, les 4 Ps. 25, 18.
messes que nous célébrions de grand matin portes closes, les litanies, les promenades elles-mêmes, chose nouvelle pour eux, etc., étaient, à leurs yeux, autant de superstitions faites pour les perdre.
Nous fûmes obligés d’arrêter une petite horloge sonnante qui servait à nous régler. Ils la prenaient pour un démon qui, en sonnant, donnait à la mort le signal de les tuer.
Ils trouvèrent de la superstition, jusque dans un drapeau élevé au sommet d’un sapin. D’après eux, il jetait le mal du côté où le vent le dirigeait; et comme il se tournait tantôt d'un côté et tantôt d’un autre, “ vous voyez bien,” disaient-ils, “il n’y a plus rien qui soit à l’abri dans le pays.” Ilscroyaient qu’il nous avait servi à envelopper la maladie, pour l’apporter chez eux.
“ Cette maladie,” disai nt d’autres, “n’a pas pris son ori- “ gine ici; elle vient d’ailleurs. Nous n'avons jamais vu des ‘“ démons si cruels. Les autres maladies ont duré deux ou trois “Junes (ils mesurent le temps par les lunes, comme les Hé- ‘“breux) ; mais celle-ci nous poursuit depuis plus d’une année. ‘“ Les autres n’enlèvent qu’une ou deux personnes par famille ; ‘“ mais celle-ci n’en laisse échapper qu’une sur deux et quelque- ‘ fois même n'épargne personne. Les pertes causées par les ‘ anciennes maladies se réparaient en peu d'années; nous n’y “ pensions plus ensuite. Celle-ci demanderait des siècles en- “tiers pour repeupler le pays.”
Je ne répéterai pas les fables qu'ils racontaient partout, par exemple que des personnes mortes étaient revenues pour nous accuser et nous condamner avec tous les mystères de notre Sainte foi, etc.
Et ce ne fut pas là seulement l'opinion du bas peuple, mais celle des capitaines eux-mêmes et des hommes les plus instruits, qui s’assemblèrent plusieurs fois pour mettre en question la mort de tous les nôtres. Ils vinrent même une fois nous l’annoncer.
Le P. de Brébeuf, supérieur de la Mission, subit plusieurs interrogatoires dans des conseils publics, et fut traité durement.
Il crut même un jour que c'était fait de lui, et il fit les préparatifs nécessaires.
Après avoir adressé à Dieu les prières que demandait la circonstance, et avoir écrit à Québec une lettre qu’il confia à un Sauvage de nos amis, qui nous portait déja compassion, il fit, selon l'usage du pays, le jour, qu'il croyait fixé pour son exécution, un festin que ces peuples appellent le festin d'adieu. C'est un devoir à remplir pour tout homme qui va mourir, soit de mort naturelle, soit de mort violente. Les captifs, dès qu'ils ont reçu leur arrêt de mort, doivent dire adieu à leurs amis ; pour cela on prépare un festin, et l’on y invite les premiers hommes du pays; le prisonnier déjà destiné au feu, leur adresse ses adieux. Ceux qui meurent de mort naturelle en font autant. j
Les missionnaires se disposaient à suivre cette coutume, pour montrer qu'ils étaient préparés à la mort, qu'ils la regardaient sans crainte, et qu’ils n’attendaient que l'exécution de la sentence qui les condamnait, comme magiciens et destructeurs du pays, quand un messager tout à fait inattendu, vint inviter le P. de Brébeuf à comparaître encore une fois devant l’assemblée de tous les chefs de la nation. Après un très-long examen, et un discours plus long encore prononcé par le missionnaire, et dans lequel, malgré les interruptions, il parla de la foi chrétienne bien plus que de la maladie, (leur disant de ne pas nous attribuer à nous, mais à la justice du Dieu que nous prêchions, et que leurs crimes avaient irrité, les malheurs dont ils étaient frappés, et dont ils ne verraient la fin, que lorsqu'ils l’auraient apaisé par uné juste soumission et par la pénitence), ils changèrent si complètement d’avis qu'ils renvoyèrent le Père absous et, malgré la protestation de quelques capitaines, qui l’appelaient Zw»portun, répétant toujours la même chose, indigne de da vie, etc., plusieurs d’entre eux le prièrent en sortant, de les instruire dans la foi. Au moment où il quittait la cabane il vit un Sauvage, très-grand ennemi de la foi, recevoir un coup de hache, et tomber mort à ses pieds. Comme le jour baissait déjà, il crut que le meurtrier s'était trompé, et que le coup lui
avait été destiné à lui-même, Il dit donc avec fermeté au meurtrier : ‘ N'est-ce pas moi que tu voulais frapper ?—Non,” répondit le Sauvage, tu peux passer ; celui-ci était sorcier ; “ toi, tu ne l'es pas.”
Le lecteur peut se figurer quelles actions de grâces nous offrimes à Dieu, à la vue de ce Père qui se regardait lui-même comine un homme rendu à la vie, et à l'espoir de pouvoir continuer de travailler à la conversion de ces pauvres malheureux, si terriblement affigés.
Mais un préjugé qui a une fois pris racine dans l'esprit d’un peuple entier, ne s’arrache pas facilement, et d’ailleurs la sentence de grâce donnée dans cette assemblée, n’était pas un acte juridique, chose inconnue parmi eux, ni une sentence publique regardant tout le pays. Nous avions donc raison de craindre autant qu'auparavant, non pas que la masse de la nation, mais quelque particulier, irrité par la mort de quelqu'un de ses proches, ne nous l’imputât, et nous traîtât de la même manière que ceux qui dans le pays sont soupçonnés de maléfice, comme l’éprouva celui que le P. de Brébeuf avait vu tomber mort à ses pieds.
Tout cela pourtant ne refroidit point le zèle des missionnaires pour secourir ces infortunés ; car, ainsi que l’Apôtre, nous regardions tous, en pareille circonstance, /a mort comme un gain. Quoique les menaces de mort fussent très-fréquentes, et que les haches fussent plus d’une fois levées sur nos têtes, quelqu’un se trouvait toujours là pour détourner le coup, ou bien le meurtrier, honteux de son dessein, se retirait de lui-même. Outre les fatigues, nous ne trouvions donc à souffrir que de cruelles insultes et des menaces continuelles, mais sans effet, qui ne servaient qu'à nous détacher de plus en plus du monde, et à mettre chacun de nous en état de dire avec le saint roi David: Mon âme est toujours dans mes mains À.
Au reste le démon, malgré tous ses efforts, ne put réussir à nous empêcher d'entrer, comme par force, dans les cabanes des Sauvages qui étaient dangereusement malades, et quoiqu’on
1 Ps. 108, 109.
2e pence mn me sérum
nous en repoussât souvent avec des insultes et des menaces, et qu’on nous fermât la porte, en nous disant faussement : “II “ n’y a personne” là où il se trouvait quelqu'un, cependant la charité des Pères était si ingénieuse et si persévérante, qu'elle les faisait pénétrer partout, en dépit des hommes et des démons.
Souvent Dieu, selon sa coutume, se servait des enfants, comme d’anges, pour nous guider. Ces petits innocents reprochaient à leurs parents leur mensonge, et disaient aux missionnaires : “ Entrez, il y a ici des malades ” ; puis de là les conduisaient ailleurs. C’est ainsi, que bien qu’il mourût un très-grand nombre de Sauvages, fort peu d'enfants et peu d'adultes moururent sans recevoir le baptême.
Noire cabane prit feu à cette époque, nous ne savons comment, peut-être par suite des menaces que plusieurs nous avaient faites, de nons brûler tous ensemble comme sorciers.
Ce préjugé, qui prit naissance alors, grandit encore en 1640 pendant une seconde épidémie, semblable à la première, et qui dura des années entières. Elle s’attacha à toute espèce de choses. D’après les Sauvages, nous étions la cause de tous les malheurs qui leur arrivaient, et ils nous en faisaient le reproche en face. “(C'est depuis votre arrivée,” nous disaientils, “ qu'on ne voit plus de vieillards dans le pays. C’est vous “ qui l'avez dépeuplé par la peste, et si l’on vous laisse libres ‘encore quelque temps, vous le ruinerez entièrement. ”
Un des missionnaires sortait-il pour inviter les Sauvages, avec sa petite clochette ou avec sa voix, à venir au catéchisme ou à instruction, aussitôt quelque capitaine, ennemi de la foi, se montrait en même temps pour empêcher les gens de suivre le Père, et souvent joignait les menaces aux défenses ; puis par mille insolences, cherchait à interrompre le prédicateur, et à le faire passer tantôt pour fou, tantôt pour sorcier, tantôt pour l'ennemi déclaré'de leur nation.
L'insolence des capitaines portait le peuple et les enfants eux-mêmes, à suivre leur exemple, et ils le faisaient avec une importunité, dont il est difficile de se faire une idée, quand on
n'en a pas fait l'expérience. Ils lançaient sur nous le premier objet venu ; ils nous tournaient en ridicule, et nous poursuivaient partout, Vous éfions comme des brebis au milieu des loups. * Pour toute défense, nous n’avions que l'innocence de notre cause, qui était celle de Dieu.
Nous avions pour nous quelques Sauvages plus sensés, quelques catéchumènes, et mème quelques capitaines, mais beaucoup n'osaient pas se déclarer, et quand ils le faisaient, c'était sans grand résultat, vu le nombre et la puissance de nos ennemis.
Nous leur avions prédit quelques éclipses de soleil et de ‘lune ; or ils les redoutent beaucoup, et selon la partie du ciel où elles apparaissent, il les jugent de bon ou de mauvais augure. Ils se figurèrent que, puisque nous les connaissions d'avance, nous en étions la cause, ainsi que de la disette qui les avait suivies. Ils croyaient qu’il était du moins en notre pouvoir, de les empêcher, et ils voulaient que, puisque nous prédisions les éclipses, nous en prédissions aussi les effets, et avant tout pour eux des événements heureux.
Tous ces préjugés trouvèrent un nouvel aliment dans le témoignage de quelques Sauvages, venus récemment dans le pays et nommés Oenroronons. Ces étrangers avaient trafiqué ‘avec les Anglais, les Hollandais et d'autres hérétiques européens. Ils disaient donc avoir entendu ceux-ci, (je ne sais si C'était vrai ou faux) leur répéter plusieurs fois, que nous étions des hommes mauvais, nuisibles au bien public, chassés de “notre ‘pays, où l'on nous aurait mis à mort, si nous y fussions restés, et que nous nous étions réfugiés dans ces contrées, pour les ruiner en peu de temps.
‘Maïs toutes ces persécutions n’ont pas arrêté la marche de l'Évangile. Non-seulement il a commencé à se répandre parmi eux, maïs il'a continué à se développer et à grandir au milieu de cés‘épreuves. Il prenait même de plus profondes racines dans leurs cœurs, en proportion des maux que leur envoyait la ‘justice de Dieu, dont les /ugemenfs sont insondables?.
2 Matth. x, 16.
9 Ps. 85, À
Les fléaux de Dieu entrèrent dans ce pays avec la foi, et plus celle-ci grandissait, plus Dieu semblait frapper avec sévérité, et de manière à détruire presque entièrement cette nation infortunée, Chaque année voyait naître de nouveaux malheurs, de nouvelles guerres, de nouveaux fléaux, plus désastreux que les précédents. On a même remarqué que dans les familles, où la foi jetait le plus d'éclat, les épreuves ont aussi été les plus fortes. Le premier et plus fervent de nos chrétiens, après avoir souffert bien des infortunes, fut enfin surpris, et tué par les ennemis, avec plusieurs autres des plus édifiants.
Dans quelques-unes de nos Missions, nos hôtes, jusque là ordinairement heureux, reçurent avec notre visite celle du fléau de Dieu. Souvent ils perdaient, la même année, ou leurs femmes, ou leurs fils, ou quelque proche parent, ou bien il leur arrivait quelqu'autre fâcheux accident ; plusieurs ont euxmêmes péri soit dans les eaux, soit dans les flammes, soit de quelqu’autre manière tragique.
Dieu voulait peut-être nous montrer que leur foi et leg piété étaient solides, puisqu'elles résistaient à toutes les épreuves. L'hiver de l’adversité sert en effet à faire pousser aux plantes de plus profondes racines.
Ceux-là même qui dans leur prospérité nous avaient maudits et persécutés, venaient quand ils perdaient leurs biens, leurs pe ‘nts, leurs amis ou leur santé, chercher auprès de nous dans ; a vraie consolation et le remède à leurs maux. En
que les jours de leur plus grande affiction, étaient pour «ous le moment de la plus abondante récolte. En mourant de faim ou dans les flammes, ils demandaient l'assistance spirituelle de ceux qu'ils avaient accusés d’abord de causer ces malheurs. Tant il est vrai qu'on s'instruit à l’école de l'adversité.
Nous pourrions former un volume avec le récit des conversions extraordinaires et remarquables, qui sont arrivées depuis seize ans. Les Relations françaises, publiées chaque année, en sont pleines; mais comme ce serait les gâter que de les abréger, je les réserve pour l’histoire.
Je dirai seulement en peu de mots que le nombre de nos néophytes aurait été beaucoup plus considérable, et que nous aurions en peu de temps rendu tout le pays chrétien, si nous n'avions cherché que le nombre. Mais nous n'avons voulu admettre aucun adulte en parfaite santé, avant de connaître très-bien leur langue, et avant d'avoir soumis à de longues épreuves, quelquefois pendant des années entières, leur saint propos non seulement de recevoir le baptême, mais encore d'être fidèles à la loi de Dieu, qui leur offrait souvent de grandes difficultés. Nous cherchions à augmenter la joie du Ciel plutôt qu'à multiplier les chrétiens, et nous nous serions fait un grand reproche, si quelqu'un d’entre nous eût mérité de s'entendre dire : Vous avez multiplié les enfants, mais nullement da joie.
Néanmoins, dans l'espace de peu d'années, nous avons baptisé environ 12,000 Sauvages, dont le plus grand nombre est au Ciel (nous en avons la confiance), à cause de leur grande ferveur, et de leur admirable constance dans la foi.
Nous avions prédit l’éclipse du 30 janvier 1646, qui commença ici une heure et un quart avant minuit. Nos chrétiens étaient debout dans l'attente ; aussitôt qu’elle parut, un des plus fervents, ne consultant que son zèle, courut éveiller quelques Sauvages : “Venez voir,” leur dit-il, “comme nos “ missionnaires sont dignes de foi; ne balancez donc plus # maintenant à croire les vérités qu'ils prêchent. ”
Mais un bon vieillard, chrétien fervent, sans même connaître la réponse du roi Saint Louis, au sujet du miracle du Saint Sacrement, dit avec beaucoup de sagesse : ‘“ Que ceux qui “ ont des doutes sur la vérité de la foi aillent voir l’éclipse, ils “ n'auront cependant pas d'autre autorité que leurs yeux ; “ notre foi repose sur de meilleures preuves.”
Quelques néophytes se trouvant un jour en présence d’hérétiques européens, ceux-ci leur reprochèrent de faire le signe de la croix, et de porter le chapelet au cou; mais bien loin de se laisser ébranler, nos jeunes convertis reprirent même ces hérétiques de leur impiété, avec une liberté vraiment chrétienne.
4& Isai. 1x, 8.