‹ Les Jésuites-martyrs du Canada [microforme]Chapitre 5 sur 73 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

coureurs d'nne grande catastrophe, désoler leurs campagnes, Il ruiner leurs villages, décimer l'élite de leurs guerriers, leurs

| yeux s’ouvrirent, et ils sollicitèrent par milliers le bienfait de la | foi. En même temps que se multipliaient les victimes de la | mort, le ciel voyait s’accroître le nombre des élus.

me

leur foi à l'abri de tout danger. Ils suivirent leurs mission-

naires, et ceux-ci leur offrirent, sous la protection du fort de Québec, une habitation tranquille, qui sera pour tous les âges un beau monument du zèle de ces hommes apostoliques, et de Il la foi vive de leurs néophytes. Que pourrions-nous trouver de L | semblable chez les Pequods, les Narragansets, les Mohicans, (fl les Shenandoahs ou les tribus du sud des États-Unis ? L'histoire de la Mission huronne est répandue dans les nom- | breux volumes des Æe/ations des Missions du Canada ; mais il 4 n'existe aucun ouvrage, ni en français, ni en anglais qui en 1 traite exclusivement, et qui offre le tableau de son origine, de ù.

| Bientôt il ne resta plus d'espérance de relever tant de ruines, | | et de protéger sur ce sol dévasté les restes infortunés de cette è | | nation expirante. Les missionnaires recueillirent ces tristes L. | débris. Formés dans le creuset des tribulations, ces fervents Ë chrétiens n’ambitionnaient plus qu’une chose, c'était de mettre 4

| son développement et de ses désastres. La langue italienne a | | le bonheur d’en posséder un, auquel le caractère de son auteur À | donne un haut degré d'intérêt et d'autorité. Le P. François- ‘à (| Joseph Bressani l’a écrit de sa main mutilée par les Iroquois, | persécuteurs de ses néophytes, et après avoir souffert les hor- || reurs de la captivité au milieu de ce peuple cruel. De retour LC:

|! dans sa patrie, il voulut faire connaître à ses compatriotes la ! il Mission où il avait passé tant d'années, et qu’il avait arrosée 4 | de son sang. Ce petit ouvrage, sous le titre modeste de Xe/a- F.

| tion abrégée, parut en 1653 à Macérata, petite ville des États- À Romains. D.

| Quoique citée avec éloge par Charlevoix, la Relation du P. 4

Il Bressani est tout-à-fait inconnue dans ce pays, et nous croyons F.

% | que l’exemplaire qui a servi à notre travail, et qui est venu de À :

| Ë | Rome, il y a deux ans, était alors le seul qui existât en Amé- |

rique. S'il n'offre aucun fait important, qu’on ne puisse retrouver ailleurs, il a cependant un mérite qui lui est propre. La description qu’il donne du pays et de sa position géographique, ses remarques sur le climat, sur les mœurs et les usages de ces peuples, et surtout les notices biographiques qu'il renferme, sont autant de monuments de notre histoire primitive, qu’on aime toujours à puiser à leur source. La modestie et une aimable simplicité font le caractère du récit, et surtout de l’histoire de la captivité el des souffrances de son auteur. Il s'arrête à l’époque de son départ du Canada, sans doute afin de conserver à son œuvre l’autorité puissante de son témoignage, comme témoin oculaire de presque tous les faits qu’il raconte.

Montréal, 1852.

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