‹ Les jetons de l'échevinage parisien;Chapitre 4 sur 231 · I.MHODUCTION À FJÉTLDE DES JETONS. xi · texte numérisé non relu

I.MHODUCTION À FJÉTLDE DES JETONS. xi

une remarque esta faire: c'est que révénement sifjnalé n'est pas, d'ordinaire, rapporté à sa date réelle. Les jetons officiels, étant l'objet d'un service régulier et se distribuant au mois de janvier, se frappaient à une éjjoque déterminée; d'un autre côté, ils devaient porter le millésime de l'année à laquelle ils étaient afférents : toute concordance de date devenait dès lors impossible. Du reste, le fait mentionné se rapporte babituellement à l'année précédant l'émission.

(1 ne faut pas oublier, toutefois, qu'en dehors des services réjjuliers il se fabriquait une grande quantité de jetons; ces pièces, véritables médailles de petite dimension, ne présentent pas, en général, la différence de date qui vient d'être signalée.

Pour en finir ici avec les singularités que nous offre cette branche de la numismatif[ue, il faut remarquer qu'à partir du règne de Louis X\, on rencontre fréquemment des jetons qui proviennent surtout des corporations de métiers: ces jetons ont au revers des dates ne se rapportant pas avec l'effigie rovale du droit, qui est d'une époque plus récente. Voici quelle est la cause de cette anomalie : lorsqu'une nouvelle émission était nécessaire, on se bornait à chauffer le coin de tète: on indiquait ainsi, jusqu'à un certain point. la date de la frappe, et l'on évitait les frais de gravure dun revers. Le même système a été suivi sous Louis XVI, où quantité de jetons, même officiels, ont des revers appartenant au règne précédent. De pareilles anomalies ne doivent pas étonner; on en trouve d analogues dans les monnaies.

La gravure des jetons était généralement confiée à des gens habiles : c est ce f[ue I on reconnaît au plus simple examen. Ce travail était anciennement exécuté, soit parles tailleurs des monnaies, soit par les orfèvres. xVinsi, un fragment des comptes de Marie d'Anjou, reine de France, pour l'année i4.ï6. nous apprend que le tailleur de la monnaie de Lyon grava une pile et deux trousseaux destinés à -monnover les gectouers- de cette princesse '. Dun autre côté. I on sait que les jetons d'or offerts à Louis XII, en i ^98, par la ville de Tours, ont été faits par .lean Papillon, orfèvre, d'après les dessins

Moniteur da 5 octobre i854, article de M. V'allet de \iriviUe.

Page 1