‹ Les jetons de l'échevinage parisien; documents pour servir à une histoire métallique du bureau de la ville et de diverses institutions parisiennes, recueillis par feu A. d'Affry de la Monnoye, avec une table analytique et deux séries de pièces justificatives réunies, coordonnées et annotées par le Service historique de la ville de ParisChapitre 6 sur 208 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

GomPTZ 'X BieN ex Pfliez : Bien *

Vaisseau rond , avec châteaux crénelés de proue et de poupe, voguant à droite : le màt unique, sommé dune fleur de lys, est orné d'une banderole; la voile est chargée de trois fleurs de lys rangées; dans le champ, au-dessus de chacun des châteaux , est placée une fleur de lys. — Double

R. Vive : LE ROY * HT * SQS RÇttlS

Croix longue fleuronnée, mouvant d'un perron de quatre marches : le champ est occupé par un treillis dont les interstices sont remplis de fleurs de lys. — Double grènetis.

Conf. Collection d'Affry, au musée de THôtel de Gliuiy.

Le type du sceau de i4i2 est reproduit delà manière la plus complète sur le droit de ce jeton, qui, dès lors, ne peut appartenir qu'à une époque à peu près contemporaine.

Ce ne sont pas des armoiries qui figurent sur cette pièce; comme Le Roy. comme D. Félibien et D. Lobineau, il faut voir ici purement et simplement la nei'. devise de la Ville, symbole déjà ancien de son important commerce par eau; quant aux fleurs de lys, elles indiquent le dévouement de la cité à la Maison royale.

Le revers donne la représentation du calvaire qui, pendant plusieurs siècles, a existé sur la place de Grève. On ne sait ni quand ce moniimiMit a été élevé, ni

;i (jiielle époque il a éW' détruit; quelques rapprocliements permettent loiitei'oi<

den fixer approximativement la durée.

La croix existait dès iSBy, époque à laquelle Charles de France, régent du royaume, harangua le peuple parisien du liant de ses degrés; elle était encore debout vers 1670, ainsi que nous l'apprend Sauvai en rapportant le fait (pii précède. D'un autre côté, d'après Piganiol, la fontaine de la Grève, dont Louis Xlll posa la première pieri'o en 162/i et dont on fit la reconstruction en i638, fut transportée à la place Mauberl vers 1(37/4. Cette date est à noter. En eiïet, la création du quai Le Pcletier, qui eut lieu de 1678 à 1 676, devait nécessairement i-endre la place de Grève beaucoup plus fréquentée; or la croix qui se trouvait au droit de l'arcade Saint-Jean et la fontaine qui était placée devant l'arcade du Saint- Esprit devenaient une gène réelle pour la circulation. Leur suppression était la conséquence naturelle du nouveau percement : elle dut, suivant toute apparence, avoir lieu à peu près en même temps. Il est, du reste, à remarquer qu'en 1679 un arrêt du Conseil ordonna l'élargissement de la rue du Mouton, laquelle, ainsi que la rue du Martroy, n'avait pu tarder à devenir un débouché important.

On n'est pas d'accord sur la hauteur du perron qui servait de base à cette croix. Bonamy, dans son mémoire sur l'inondation de 17^0, dit qu'il était composé de douze degrés; M. Le Roux de Lincy ne lui en donne que huit, et avec raison, car, d'après la vue de l'Hôtel de Ville dessinée en 161 3 par l'architecte Cl. Chastillon et gravée par Mérian, le calvaire est monté sur se[tt marches et un piédestal.

Le calvaire, ainsi qu'on peut le voir dans les vues de l'Hôtel de Ville publiées par Asseline, par Rigault, a été remplacé par une croix de fer posée sur un piédestal et placée à l'extrémité du mur du (juai qui sépaiait le port de la Grève de la place du même nom.

La légende qui accompagne cette représentation est remarquable par sa naïveté. La France était dans un état de commotion politique excessivement grave : le Bureau de la Ville ne savait s'il devrait crier vive Bourgogne ou vive Armagnac; il se tire d'embarras en insciivant sur son jeton une banalité. La légende, COmPTZ BISN ex P^iez BieN, qui se lit au droit, se rapporte à l'usage des jetons employés par les marchands et les banquiers pour les calculs d'arithméti(pie.

Voir Le Roux de Lincy, Histoire de l'Hôtel de Ville de Paris, t" [larlie, p. iuy. Le lioy, Dissert, sur l'origine de l'Hôtel de Ville, p. xli et xlvi; D. Félibien el D. Lobiiieau, Hist. de la Ville de Paris, t. I, p. 627; Sauvai. Hist. et rech. des antiq. de la Ville de Paris, t. II, p. (yy.; Piganiol de la Force, Descript. de Paris, t. I\', p. 90. ç)a; ('.. Brice, Descript. de lu Ville de Paris, t. IL p. ao; Mémoires de l'Académie

des iuscrijuions , t, XVIL p. jtio. note n.

.Mêmes lype et léjjoiKle qu'au précèdent

Pv. Vive : LE ROY ET SES : RÇniS •

Croix loiijjue Ircflée, à lut cannelé, mouvant dun perron à qualie niarclies cl côtoyée de deux fleurs de lys couronnées. — Double grènetis.

Conf. Coileclions Jules Rouyer, à Nancy, cl d'AUVy.

-ér : SVR : TOVTES : OITeS : PARIS : PRISE: :

Tvpe des précédents, avec ces difierences que le mât du vaisseau est surmonté d'une hune crénelée et que la voile est chargée de fleurs de lys sans nombre. — Double grènelis.

R . OJIR : SR : NEF : FICVRE : LHCLISE :

Type du numéro précédent. 11 est à remarquer que les quatre bras de la croix sont fleuronnés, contrairement à ce qui se p7-atique d'ordinaire pour les croix longues, dont on orne seulement la partie supérieure et les croisillons. — Double grènetis et filet.

Conf. Colleclion Rouyer.

Cette pièce est d'une date un peu plus moderne que les précédentes; elle semble être de i(i3o environ.

La légende rimée qui occupe les deux faces de ce jeton n'est pas facde à interpréter : on ne peut guère faire ici que des conjectures; voici la plus raisonnable : l'Église, nom donné à la société de ceux qui font profession de la foi caiboliqne. a été souvent comparée à un vaisseau; par analogie, Paris considère sa nef comme la personnilicalion delà France, et s'enorgueillit ainsi de son titre de capitale.

LES JETONS DE L'ECHEVIi\ AGE PARISIEN.

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