NOTICE PRELIMINAIRE. IX
(( loireàlire pendant l'année de la première communion* »; son compatriote a, pour ainsi dire, touché le volume où il la lut ainsi dans la bibliothèque de l'un de ses plus respectables parenls de la ligne maternelle, en s'astreignant de si bonne heure à cette habitude qu'il eut toujours de prendre des noies, pour fixer ses lectures ou ses entretiens. Enfin, leurs souvenirs de quelques célébrités littéraires, que Paris envoyait à nos bains de mer, et qui animaient deux ou trois cercles intimes charmés de les accueillir et de les retenir, trouveraient à se rapprocher, sans se confondre; notamment à l'égard de l'historien des Croisades, Michaud, qui passa plusieurs étés à Boulogne, Sainte-Beuve ne l'a pas oublié -, de 1815 à 1822.
Mais, pour le redire, l'attention et le regard, dans cette affection, montaient uniquement de celui qui était obscur vers le point lumineux. L'astre, pourtant, en s'élevant, ne lui refusa point sa lumière ; vers 1841, il y eut relations décidées ; et il s'en forma une amitié réciproque. Ce ne serait pas un titre à la publicité des témoignages que Sainte-Beuve en donna : on l'a très-bien senti en ne livrant pas toutes les lettres qu'il écrivit. Cette correspondance en compte vingt-neuf, et il n'en est publié que vingt-deux, les unes en leur entier, les autres avec des retranchements dictés par les convenances; mais toutes susceptibles d'offrir un intérêt auquel rien d'étranger ou d'indifférent à la personne même de Sainte-Beuve ne se mêlera.
1 Caus(y)-ies du Lundi, VI. Art. du 5 juillet 1852. 2/6. VII. Ai-t. du 11 octobre 1S52.
X NOTICr: PRELIMINAIRE.
C'est une discrétion qui ne saurait être exigée de tous. On lui écrivit beaucoup, avec ou sans sujet. Il s'en plaignait: une de ses lettres à M. Barbe en fait foi '. Mais, il avait une grande politesse, une déférence pleine d'aménité ; ot il répondait toujours. Il se répandra, dans la suite, beaucoup de ces mots de lui, adressés avec grâce, sans jamais trahir l'impatience, et que peuvent aimer à produire ceux qui en ont eu la faveur. L'homme, toutefois, n'y sera pas : on n'aura que l'ombre.
Au point de vue qui nous occupe, il y aurait eu un fonds à tirer d'autres correspondances de Sainte-Beuve, de lettres de famille qui ont été détruites, ou qui veulent rester murées. La perte est consommée quant aux premières; et, si les secondes n'éprouvent pas un jour le même sort, il faut tout espérer du temps, pour qu'elles deviennent utiles. Un des plus anciens amis du grand critique, son compatriote aussi et son condisciple, M. Laisné, a bien voulu sortir de celte réserve, en faveur de cette publication, qui lui doit trois lettres curieuses sur l'abbé Prévost. Le peintre do tant de Portraits qui les présentait d'ordinaire tout faits et tout achevés à son public, y est vu, cette fois, broyant ses couleurs, à son chevalet et dans son atelier.
Voilà donc ce qui compose le tableau que j'ai voulu offrir de ses jeunes années. Certaines de ses poésies étaient naturellement appelées à le compléter. J'espère
1 Lettre X.