NOTICE PRELIMINAIRE. XI
que l'on ne trouvera pas que les notes y sont de trop : bien des circonstances demandaient ces explications ; et souvent, au bas de telle ou telle lettre, c'est l'auteur de la lettre lui-même qui aide à y mettre le mot.
Enfin, son père y revivra dans les Réflexions qui terminent le livre.
Les Lettres à M. Vàbhé Barhe sont incontestablement les plus importantes de toutes; les suivantes montrent de l'esprit, avec une portée moindre : les premières ont une âme, quelle qu'elle soit, ou qu'elle veuille être. On ne réussira jamais à bien étudier Sainte-Beuve au moral, si on ne s'en pénètre tout-à-fait. L'auteur de Joseph Delorme et de Volupté s'y est toujours senti sous l'œil du témoin de sa première innocence, d'nn ami dans le sacerdoce qu'il ne tromperait pas. Et ces œuvres sur lesquelles ailleurs il fonde sa gloire, il les juge, pour cet ami, un calice qu'il veut éloigner de lui. Respect sincère et profond qui touche par sa tendresse et la fidélité avec laquelle il a été constamment gardé !
Sous ce nom de Joseph Delorme , cela n'est plus douteux depuis longtemps, Sainte-Beuve a exactement écrit sa vie des vingt-cinq premières années. Le gros bourg d'Amiens iju'il se donne pour lieu de naissance, et qui pourrait bien avoir un peu intrigué M. Barbe S n'ôte rien à. l'exactitude de presque toutes les autres circonstances. Ce gros bourg était la patrie de son père ; et il est là pour
1 Lettre XII, p. 54.