‹ Les jeunes années de C.-A. Sainte-BeuveChapitre 5 sur 16 · XII NOTICE PRELIMINAIRE · texte numérisé non relu

XII NOTICE PRELIMINAIRE

Boulogne, où le lils vint réellement au inonde, le 23 novembre d804 (2 nivôse an XIII). Il a expliqué, lui-même, comment il n'eut pas la particule qui était dans son nom de famille '.

Si nous le suivons au sein de la vie réelle, il est bien ce Delorme né au troisième mois du veuvage de sa mère, et élevé par elle et une tante, sans fortune ; mais avec soin et honorablement. On le reconnaît à son amour du travail, à sa piété, à ses succès dans ses études, à ses habitudes exemplaires. On me dit que, dans ses victoires, il remportait jusqu'aux prix de sagesse et de bonne conduite. La splendeur des armes de l'Empire l'avait émerveillé, comme il le raconte ; et ce n'était pas pure imagination à lui de se revoir, à son déclin, en hussard de sept ans, aux merveilleuses revues du camp de Boulogne ^ Ses premières souffrances du cœur, ses larmes au fond du bois, ses accès de chevalerie, la blonde jeune fille, qui eût été sa dame, ne sont pas des images poétiques. Tout ce qu'il décrit, l'écolier de douze ans l'a senti; et la réalité de ce qu'il a peint, en dehors de lui, pourrait se dire encore vivante sur place et dans le monde. Mais à quoi bon les noms? Lui seul les animait ^.

1 Lettres à un Compatriote, p. 98.

2 Lettres à un Compatriote, p. 8fi.

3 Une communication bienveillante qui m'est faite, au dernier moment, mo détermine à une ouverture. C'est encore à l'un de ses anciens condisciples que Sainte-Beuve écrit le 14 mai 1S0.^>, après sa nomination au Sénat : « Je n'ai pas < oublié les années de la maison Blériot, ni vous, en particulier, si travailleur, ni « votre visite à Wien-e, où je me trouvais alors ! » Wierre et le soupir du ixiint final, voilà le balcon pavoisé, dans les jeunes rêves de Joseph Delorme, poiir le retour du paladin.

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