ÉPILOGUE
LA DKKMEKK CONSOLATION,
Sommaire.
La première croisade. - Le pèlerin messager. Emmeline el Gertrude reunies dans l'amour de Dieu. — Ce que devinrent Luuis l'Éveillé, Petit-Pierre el Guillaume.
Si vous désirez connaître ce que devinrent les différents personnages de cette histoire, je vais vous l'apprendre en peu de mots.
Léonard partit à la suite de la première croisade, prèchée cette même année par Pierre l'Ermite. Durant deux ans on n'entendit plu\ parler de lui. On jour, un pèlerin se présenta au castel de Cosne et remit à Emmeline un fermelet orné de son chiffre, en lui disant ces simples mots : « Celui qui possédait ce souvenir de vous Ta gardé jusqu'à son dernier soupir 5 il vous le renvoie pour vous assurer qu'après Dieu et sa mère, vous avez eu sa dernière pensée; » et lui désignant du doigt l'image du Sauveur sculptée sur le dos du fermelet : « C'est ici qu'il a posé ses lèvres pour la dernière fois. »
Emmeline ne dit pas un mot, ne poussa pas un soupir; deux larmes descendirent le long de ses joues devenues de marhre. Un mois plus tard, elle déclara à son père qu'elle avait le mariage en horreur, et de son plein gré elle se retira au monastère de Sainte- Brigitte, où elle prit le \oile.
LES JEUNES FRANÇAIS DE TOUTES U:s ÉPOQUES. 233
Elle y retrouva Gertrude, que ces trois dernières années a\ aient vieillie de vingt ans : on disait toujours d'elle la bonne Gertrude, mais on ne disait plus la belle Gertrude : c'est que la beauté de l'âme est la seule qui ne soit pas soumise aux vicissitudes humaines.
Toutes deux, Emmeline et Gertrude, pleurèrent ensemble la mort de Léonard :
« Je l'aurais pourtant bien aimé, ma mère, disait souvent la première à la seconde.
— Oui, ma fille, reprenait tristement Gertrude, et lui aussi, il eût trouve le bonheur près de vous; mais il ne pouvait épouser la iille du meurtrier de son père : c'est pourquoi il est allé mourir sur la terre sainte.
— Offrons nos peines au Seigneur et prions pour Léonard, » disaient alors les deux servantes de Dieu en tombant à genoux sur la terre.
Le baron fonda des messes pour le repos de l'âme de Colgar- Hoson. Il se repentit, et Dieu lui accorda une longue et paisible existence. Quand il mourut, précédant de quelques semaines seulement sa femme dans la tombe, la commune de Cosne avait changé son surnom de Tricheur en celui de Juste.
Héribert devint curé dans une petite ville, où il sema fructueusement la parole de Dieu.
Sous le nom de Guillaume de Champeaux, le troisième clerc du parvis Notre-Dame devint célèbre dans le monde. Il fonda l'école dite scholastique, et fut l'un des plus doctes professeurs de la montagne Sainte-Geneviève.
Petit-Pierre quitta ce nom pour prendre celui de Suger. Il fui l'ami constant de Louis VI, le conseil de Philippe-Auguste et de Louis le Jeune. Il devint abbé de Saint-Denis, et deux fois, pendant l'expédition du roi en Palestine, il eut l'honneur insigne de gouverner la France en qualité de régent.
Louis l'Éveillé, succédant h son père Philippe [ef, reçut de ses peuples le surnom de Batailleur. Selon son projet, il réduisit à l*o-
i i s h i NEfl I i;\n< 118 ni. nu M v LES I. l'uni i >. béissancc imi^ Ie6 grandi visitai n les soumettant individuellement, il mit quatoi ■/!■ ;ms ;i accomplir cette rude lâche. Si Louis \ I ne l'ut pas le fondateur dei communes, il sti favorisa du moine rétablissement.
Il reconstitua l'autorité royale, et, sous son règne, la nationalité française répara!! avec l'abondance, la force et la prospérité.
La nationalité d'un pays, c'est l'unité dans ls croyance, dans la langue et dans le gouvernement.
Louis VI l'avait compris : pour que la France lût grande ei Forte, il fallait que la royauté fût puissante. Tousses travaux tendirent vers ce but: et ce sont ses efforts, souvent couronnés de stiecès. <jui l'uni de son règne l'un des plus glorieux de notre histoire nationale.
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