ÉPILOGUE
I M S BUPFIC1T DU RI.
Sommaire.
La transmission. — Fin misérable d'an coupable. — Le soleil se lève. — Condé. — Villars. — Vauban. — Molière. — Corneille. — Racine. — L'hôtel Rambouillet. — Madame de Se vigne. — Madame Deshoulières. — Mademoiselle de La Vallière. — Bossuet. — Massillou, — Fénelon. — Pascal. — L'Europe vaincue. — Le siècle de Louis XIV.
Après la lin malheureuse du jeune Tancrède, la duchesse de Rohan-Chabot se retira en province auprès de sa mère, renonçant pour toujours à voir son mari. Celui-ci obtint de la reine, prévenue en sa faveur, la transmission des titres et des biens immenses de la famille Rohan, éteinte, prétendait-il, en 1638, dans la personne d'Henri II, duc de Rohan, tué à la bataille de Rheinfelds. On vit alors un simple gentilhomme de province, d'une naissance trèsmodeste, marcher tout à coup l'égal des plus hautes familles du royaume. Il ne jouit pas longtemps du fruit de son crime, et périt, jeune encore, empoisonné, dit-on, sans que l'on sût par qui. Sa veuve finit tranquillement ses jours dans un couvent, après avoir pieusement recueilli le dernier soupir de sa mère.
Les Parisiens s'aperçurent enfin de leur sottise -, ils envoyèrent des députés au roi, et firent si bien qu'ils obtinrent la rentrée dans leurs murs de ce prince, qu'ils chérissaient sincèrement. Ce lut un jour de fête pour la capitale de la France que celui où Louis XIV, âgé de douze ans à peine, lit son entrée triomphante ta Paris, entouré de toute la noblesse et de toute sa maison magnifiquement vêtue. Il montait un cheval blanc plein de feu : derrière lui venaient les menins splendidement costumés; le roi était si grand et si fort pour son âge, il avait une physionomie si noble, que chacun s'émerveillait à sa vue-, sur tout son passage ce ne furent que des vivats et des cris d'enthousiasme. Ces cris redoublèrent quand, son cheval s'élant emporté, un de ses offîciers le prit à la bride pour le calmer : mais Louis XIV lui fit signe de le laisser agir à son gré, et seul, travaillant l'animal de la bride et de l'éperon, il s'en rendit maître. 11 annonçait ainsi, remarque un auteur contemporain, le grand roi qui devait un jour gouverner la France par sa seule force, et la ranger définitivement sous l'obéissance de ses lois.
Que vous dirais-je de ce règne que vous ne sachiez déjà sans doute, mes jeunes lecteurs? Ce fut la gloire et l'honneur de notre pays. Dans la riche nomenclature des hommes qui contribuèrent à son illustration, il suffît de citer des noms pour rappeler tout un monde éblouissant de merveilles. Dans les arts, dans les sciences, dans la littérature, dans la guerre, dans l'administration , dans l'éloquence de la chaire ; pour l'aménité des mœurs, la galanterie des manières, pour tout enfin, la France devint la première des nations. Vous connaissez les noms et les titres à la gloire des Condé, des Vauban, des Villars, des d'Hocquincourt; vous avez lu et relu avec admiration les Molière, les Racine, les Corneille, les Crébillon, les Bossuet, les Fléchier, les Bourdaloue, les Massillon, les Fénelon, les Pascal; vous êtes restés en extase devant les œuvres de l'école de peinture française; vous connaissez, pour leur avoir souri maintes fois, les nobles visages des Sévigné, des Deshoulières, des La Vallière ; vous avez entendu souvent le nom de cette
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belle Julie d'Angennes, dont le salon lut le rendez^vous de tous les beaux esprits 'If ce temps, qui lui empruntèrent une partie de leur élégance et de leur finesse; vous ne pouvez ignorer l'influence qu'exerça sur l'esprit français l'hôtel de Rambouillet. Vous avea tressailli comme moi en lisant le récit de ees héroïques batailles qui rendirent la France aussi redoutable aux nations voisines qu'elle leur était supérieure en civilisation. Ce fut le moment où l'enthousiasme des peuples décerna à Louis XIV le surnom de Grand, et lui lit frapper cette médaille trop orgueilleuse peut-èlre. mais aussi méritée ([d'elle pouvait l'être, qui' représentait un soleil avec cette épigraphe : Unus suffi cit orbi.
Je ne (inirais pas si je me laissais entraîner à l'enthousiasme que m'inspire ce long règne : temps de force et de splendeur où, dégagée de toutes les entraves que lui avait opposées jusqu'alors la féodalité, la royauté, souveraine et respectée, montra ce qu'elle pouvait pour la gloire des peuples. Vous lirez, jeunes amis, toutes les magnificences du règne de Louis XIV, et après les avoir lues, vous vous écrierez avec un historien moderne : « Le siècle de « Louis XIV est le piédestal d'où la France domine encore l'Eua rope et le monde'- »
LES
JEUNES ERANCAIS
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