II
5o LLS JEUNES
la parcourut, approuva leur choix , et trouva qu'ils avaient été modères clans leur requête. Appelant ensuite son jardinier, elle lui donna la note, et lui ordonna de tenir prèle- , pour le temps qu'elle lui indiquerait, les plantes qui y étaient mentionnées.
— ce Très-Lien , madame , » reponditil , en lisant froidement la liste , dans laquelle il ne voyait que des fleurs communes ; mais quand elle ajouta , qu'il faudrait y joindre quelques oignons de tulipes , et de jacinthes de Hollande , toute la physionomie du jardinier se rembrunit et il s'écria, « mes tulipes de Hollande ! mes jacinthes ! » et jetant à terre la houe qu'il tenait , il s'éloigna en murmurant, <c qu'il était heureux que la tète de sa maîtresse fût bien attachée , car sans cela elle la donnerait aussi. »
Madame Frankland sourit gracieusement a sa colère; elle lui passait ces petites choses, dit-elle, parce que ce vieux et Inlèle serviteur était dans la famille longtemps avant qu'elle fût mariée. « Quoique vous puissiez ne pas le penser, » ajouta-telle, a il est généreux pour ses païens de ce qui lui appartient en propre, et avare seulement des trésors du jardin, dont il se considère comme le gardien et le défenseur contre l'extravagance de sa maîtresse.
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Mais je ne puis supporter cette sorte de petite avarice et de rivalité pour des fleurs ? dans des personnes que leur éducation doit avoir élevées au-dessus d'une semblable illibéralité. J'ai entendu parler d'une dame , qui, lorsqu'un ami lui demandait des boutures de quelque plante remarquablement belle , honteuse de les refuser , et ne pouvant se décider a les donner, les faisait bouillir afin de leur ôter la possibilité de croître. »
Henri exprima la plus grande indignation de cette bassesse.
Ils entraient alors dans les serres 9 et ils remarquèrent les fleurs d'une plante qui pendait a l'entrée de la serre aux pêches. On aurait pu croire qu'elles avaient été découpées dans le velours le pins épais ,• et elles étaient toutes couvertes de miel: leur odeur, d'abord très-bonne, devenait bientôt désagréable et fatigante. Madame Frankland, dit a Lucie , que cette plante s'appelait Hoja carnosa; Hoya, du nom de M. Hoy le jardinier, qui l'avait introduite en Angleterre ; et carnosa a cause de l'apparence charnue de sa fleur. Elle l'avait fait planter auprès des pêchers , comme une sûre garde et un préservatif pour les fruits. Les guêpes sont si avides de son miel qu'elles se jettent dessus , et laissent intacts les pêches et