Eutrapélie n. science d'être agréable, gracieuseté
Et providence perspective
Du présent et futur tempoire,
Et du temps prétérit mémoire.
Puis Justice est d'aultre costé
Çui repose en la volenté,
Et est de rendre à touste gent
Ce qui est sien, soit povre ou gent,
Aux dieux encens, au maistre honeur,
Et estre au serf guerredonneur.
L'aultre vertu est Force dite,
Quant aulcun spécule ou médite
De trouver fruyt de collaudace
Entre couardise et audace.
Et l'iiultre est nommée Attemprance
Dont Continence est une brance.
Et est quant le frayn est donné
A l'appétit désordonné,
Et qu'on restraint par ferme point
L'aiguillion de la chair qui point.
Les aultres qui sont despendantes
Dos quatre, à leurs branches pendantes,
Libéralité se doit prendre
Entre avarice et Irop despendre.
Magnificence est entendue
Quant la chose est haulte et ardue.
C'est Amistié d'honeur et geste.
Quant elle est moienne et honneste,
Et Magnam-mité loisible
Quant elle est en terme irascible.
Mansuétude est à eslire
Entre mitidilé ' et l'ire.
Vérité est chose firmée,
Chose voire en droit confirmée.
Estabilité curiale
Est sans fausseté furiale;
Et Eutrapélie se treuve
Quant on se rue et qu'on s'espreuve
En jeux honnestcs, sans périlz,
Pour rescréer les esperitz.
Après cette savante tirade, Quentin discute avec son maître sur l'essence des dieux, sur leurs vertus, sur leur puissance, sur leur trop grand nombre, et enfin, hardiesse extrême, sur leur réalité et leur existence elle-même. Les rhéteurs les plus consommés, les plus souples et retors, n'ont pas d'argumentation plus subtile. Les syllogismes, l'enfant les file avec une perfection désespérante. A peine assis sur les bancs de l'école, il sait nier la majeure. « nego majorem »,