I. u Dru\l », éclat, honneur
pieniière partie du drame. C'est le «Sot» {slulliis), le « Im)1 » aimé du moVfeii âge; c'est le Fou qui remplit les intermèdes, rintervalle entre la scène ({ui finit et la scène qui va suivre , le temps nécessaire aux machinistes pour enlever un décor et placer celui que motive l'intervention de personnages nouveaux pour une situation nouvelle. Point n'est besoin de définir son caractère et de préciser ses fonctions dans le drame chrétien. Du reste, le Fou va nous dire de sa propre bouche, et dans un de ses nombreux monologues , ce qu'il est, ce qu'il fait, ce qu'il veut. C'est jour de fête chez les empereurs. Le Fou y court pour remplir sa panse.
Voire faire on fcste si grande,
Et se ne nous y huchons point!
Cho ! puisqu'on ne nous y demande,
J'iray y remplir mon pourpoint.
On scet bien qu'ung sot quoquidé
Va partout sans estre mandé,
Soit en chambre, en pale ', ou en ccur,
Et peut parler devant son tour
Et dire des besongnes sept
Plus avant bientost qu'il ne scot.
Marotte, allons-y par accort.
Le Im)1 se faufile partout, parle de tout, mange de tout; il goûte au vin avant les maîtres, en compagnie de la marotte qu'il fait danser, à laquelle il parle et qui lui répond par le bruit argentin et moqueur de ses grelots.
Le Fou a mission d'amuser le tapis, de faire prendre patience au public, de le dérider par ses saillies grotesques, grossières et d'un goût problématifiue. Kn entendant Orient promettre de convoquer, «sans vuider tasses ne pot», les sages et les savants, le Fou dit en aparté et entre deux licancments :
Le foi.. Et je vay assemliler mes fos.
Et tous mes philofoliens.
Déroiés-vous de vos liens.
Fus rabi», cornus et lunarches, Fos de court qui faictes grimaces, Fos retondus, fos berlaudés, Fos esraillés, fos eschaudés, Fos de bémol, fos de nature, Fos de bcquarre à teste dure.
Sales hors de votre calhoire *, Nous tenons notre consistoire.
Le machiniste, ainsi que nous l'apprend une note Mijuginaic a relevé' une