‹ Les Jeux de DieuChapitre 3 sur 36 · Cathoire », mot picard, chaire, de « cathedra · texte numérisé non relu

Cathoire », mot picard, chaire, de « cathedra

toile de fond, une « courtine », et nous apercevons un appartement d'une maison |)ai-ticuiière. Nous sommes dans la chambre où la mère du héros de notre Mystère attend, dans les angoisses de l'heure suprême, la douleur et la joie de meltre un entant au monde. Autour d'elle se pressent son mari, le sénateur Zenon, Pauline, une parente, et Flourette, la chambrière bien nommée. Le messager Orient est introduit et salue l'assemblée par ce souhait païen :

Ciipifion, le fiLs de Vénus,

Vous accroisse honneur et renom.

11 annonce à Zenon que l'empereur le mande au palais. Zenon va se rendre à l'invitation qui le surprend en un moment si solennel et critique. Sa femme le conjure de rester :

I.A MtRE SAî.M quil.nti.n. Si Jui)iler ne me secourt, El Pallas, la déesse sainte, J'auray mestier au jour qui court.

Car je suis ansainte,

Pesante de corps, pâle et tainle, Plus ne conte jour ne demy ; De doleur suis au vif atlainte.

Mais, quel que soit l'ennui de Zenon, il faut qu'il se rende oîi son devoir l'appelle. Il est parti à peine, que les dernières angoisses saisissent sa femme. (>)mme il arrive dans plus d'un de ces Mystères , elle se plaint tout haut ; l'acteur qui remplit ce rôle s'agite comme dans les convulsions de l'enfan-

tf-ment. « La mère saint Quentin », lisons-nous dans le manuscrit, s'éciie au plus fort de ses tortures :

Flourette,

Je ne puis plus estre sur pies.

Va en ma socrelto cliambrelte,

IMeslre les coussins et Irépiés.

Fi.oi RETTE, Madamo, ils sont tous appointés.

Couchiés-vous quant le mal vous prent.

La MÈnE. Venez, Pauline, cl si m'aidiés.

Pailine. a vous servir mon cuer se rent.

La «courtine» est redescendue; la scène a changé. Orient a convoqué le .'^énat et annonce à l'empereur la prochaine venue de ses conseillers. Pour le remercier, Dioclétien l'envoie h la buvette :

Tu es \ aillant. On te meiuii Boire à nostre sansonncric.

Va toy raffréchir, je le prie, Du meilleur de nostre d6{)ensc :

invitation polie à laquelle Orient répond avec beaucoup de sens :

Je vay à la boutellerie :

Nul ne vaulx qui de luy ne pense.

Les sénateurs sont réunis dans la salle du conseil. Ils sont quatre : Zenon, qui bientôt sera père de saint Quentin; Quintus Fabius; l'austinien, le père de saint Firmin ; Eustorgie, le père de saint Pantaléon. Ils se prosternent devant le trône impérial et ne se lèvent que sur un ordre du chef de l'État.

Dioci.ÉTiEN. Levez-vous tous sans plus à terre estre.

Honneur, gloire et magnificence

Soit à vous.

EisTORGiE. Empereur terrestre,

Nous sommes en ce royal estre,

Ce plantureux palais romant,

Parvenus à vostre commant.

Ouvrés de vostre huys pectoral

Le point soit divin ou moral

Pourquoy nous sommes cy présens.

Son leveult disputer par sens

Démonstratif ou sophistique,

Nous savons l'art dialectique,

Il ne nous fault nulz avocas.

Nous n'avons pas résisté au désir de citer textuellement 1(^ discours où Dioclétien explique les motifs qui l'engagent à partager avec un autre lui-même le pouvoir suprtMne. La poésie en est plus large, d'un caractère plus élevé qu'on ne pense toutes les fois qu'il s'agit des Mystères qu'on a trop confondus avec les Sotties, ou bien quand on se reporte au temps où ces drames furent écrits. Pour beaucoup d'esprits, même studieux, certains de ces extraits .seront inif révélation.

DiocLÉTiEN Biaux seigneurs, entendez le cas.

H a pieu aux dieux et aux sacres Dont nous avons les simulacres, Nous essourdre au précieulx trosne De nostre nourrice et matrone , Rome la cité salutaire A qui toute aultre est tributaire, Mercy à Dieu. La monarchie Du monde et la hiérachie Ployé dessoulz nostre couronne Qui resplend, flamboyé et flouronne El pour ce que mondain fabricque '

1 . u Fabrique n, affaire. Et parce (pie les affaires du monde sont un lourd fardeau à |)orter puur un seul corps.

Est pesant et de dure bricque A porter à seul corps humain.

Comme à nous qui lavons en main, Nous voulions auoir adiutoire, S'il plait à noslre concitoire, Dung fort champion (lui s'apliajue A soutenir le bien publicque, Tant en guerre ou en milice Comme en civille police.

S auons tous ensemble opiné Et conclud et déterminé Que Maximien, noslre affin ', Ora ce grand bien ; mais alTm De vous complaire et de sçauoir Si plus noble vouliez avoir, Vous, nos très amés sénateurs, En serez les quatre électeurs.

Sentenciez sur ce décret Et nous infformés du secret, Ains que nul de vous se départ.

Laissés seuls à eux-mêmes, les quatre grands électeurs ont, on le pense, \oté d'une commune voix en faveur de Maximion. Dioclétien a dépêché Maximinus, chevalier de Galère, pour annoncer h Maximien qu'il est nppelé à la pompre impériale.

MwniiNts. César Auguste et chef d'Empire,

Très humblement je vous salue.

Maximien. Ce n'est pas à moy qu'on doict dire

César Auguste et bruyt d'Empire.

MwiMiNLs. Syest.

M wiMiKN. Non est.

Mais Maximiea se rend à l'évidence. Pour lui taire honneur et coi't(''ge, Sévèsre i\ convoqué :

Quatre ou cinq soudiers

F"ors et raddes, appers et grans.

Qui sont comme ribaux recrans *, Nourrys en cave sans rions faire , Des larronciaux de pute affaire.

Esclistre, Tonoire ', Tempeste Et Fourdre, que sanglante feste Ait-on de vous. Salés avant.

1. AtTm. parent . ami. du adinitas », parenté, aniili*'. iilli.iiicc

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