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I. Mot ijicard, pour tabouret, escabelle

Pendant cpie Crispin taille en plein cuir, on cause des affaires du jour. Poline raconte à tout l'atelier ce qui s'est passé à Amiens et le voyage de son mari. On discute. Crispin admire et exalte le courage de celui qu'il n'ose encore avouer comme ami et ancien compagnon de mission. Le cordonnier Crépy le blâme et prétend que Rictiovaire, « dur que fer », viendra facilement à bout de ces résistances. Crispinien, modifiant un proverbe bien connu, dit que

Tant va le pot à vin qu'il se brise.

Pendant qu'on taille et coud les souliers de Grignart, et que Vautrequin, «qui bien boit quant la soif lui print», retarde l'œuvre par ses maladresses, les évêques de la province de Soissons se sont assemblés en concile. C'est Vénimécum qui prépare la salle et range les sièges, tout en débitant ce savant monologue en latin de cuisine :

Ego metam coussinum , Hautelicham ' et bancquibus Pro reposare genouilliim, Gambillare cum fessibus.

Vos deffulare milribus De testam et cabochare.

Ego tenabo crocibus Dominus episcopare.

Dans le concile on a rédigé une lettre pressante au pape Marcellin. Le prêtre Ciriacus l'a déjù portée à Rome, où le suivent de près l'évêque Hérasmus et le macaroniquc Vénimécum. Marcellin abjure son erreur. 11 demande qu'on le dépose, qu'on l'enferme dans une prison où il fera pénitence, où il boira ses larmes, où il couvrira sa tête de poussière et de cendres.

On passe vite, en enfer, de la joie à la douleur. Les diables s'en reviennent de Rome fort penauds. Lucifer les injurie et les livre à son portier Cerberus, qui en passe la revue à coups de bâton, au fur et h mesure qu'ils défilent devant lui pour rentrer aux sombres abîmes. Les coups de bâton sont aux diables ce qu'est au Pierrot de la pantomime actuelle le traditionnel coup de pied qui a toujours pour effet immanquable de faire rire aux larmes. « Ils font grant noise en enfers», nous redit la note monotone dont le poëte accompagne chaque déconfiture des diables, et ils en subissent de nombreuses dans notre mystère.

Le second acte se termine par l'arrivée dans Amiens d'Agricolan qui apporte de Soissons l'ordre impérial d'en finir avec Quentin. Agricolan annonce à Rictiovaire qu'il amène avec lui des tourmenteurs autrement habiles que ceux dont la rage inoffensive a été vaincue par les enchantements du Dieu des

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