‹ Les Jeux de DieuChapitre 23 sur 36 · TROISIÈME ACTE · texte numérisé non relu

TROISIÈME ACTE

Cet acte est bien moins long que le précédent. 11 ne contient que 3026 vers. Aucun nouveau personnage n'y figure. La première partie en est consacrée au récit du martyre du pape Marcellin, que Tévêque Hérasmus de Champagne, on partant de Rome pour Soissons, a laissé repentant, pleurant sur son apostasie et demandant au ciel la grâce d'expier son crime par une pénitence rigoureuse et solennelle. Ses vœux seront exaucés. Voyons comment l'ingénieux dramaturge du moyen âge a préparé l'épisode de la mort du pape.

Dioclétien, le grand empereur, est en son jour de belle humeur. Point n'est souci pour lui de son pouvoir ni de ses peuples. C'est d'amour qu'il songe. 11 ouvre le troisième acte par un couplet quelque peu grivois et libertin, on va le voir. Il dit, en un langage de pasteur de moutons plus que de pasteur de nations :

Pucelettes Gentillettes El fillettes De bon aire, Chansonnettes

Sans musettes De vois nettes D'ordinaire Doivent faire D'humble affaire

Et beaux chappeaux de fleurettes

Pour attraire

Sans loiniî traire ' Nostre cuer en amourettes.

On cause tendresse au Capitole comme en pleine Cour d'amour au temps (\u roi René de Provence. Le César Constant émet l'opinion, assez risquée, que si, dans tout l'univers, «soit gemmes, fleurs ou rosettes», doivent honneur à l'Empereur, il n'est pas une femme qui ne lui doive aussi un tendre hommage, et Constantin, qui a sans doute éprouvé bien des mécomptes et trahisons on amour, conseille en ces termes h l'Empereur de ne point se fier à la constance féminine :

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