A force d'arguments
cette loi « qui monte en fleur et en IVuict », mot heureux, mot plein de vérité et de grâce à la fois. J^eiidaut qu'on voit l'escorte du messager impérial, Licinien, sortir de Rome, comme pour ajouter un clément de plus de contraste dramatique à cette action si dramatique dé]h et dont l'intérêt croît h chacpiepas, Quentin est ramené par les bourreaux devant le proconsul, « le pruvost général de Gaule», qui, au nom «d'impériale auctorité», cette autorité ([ui vient pourtant de pardonner, condamne
Sans plus respiloi" ,
A morir et décapiter
Quentin, ung citoien romain
Contraire adversaire inhumain
Aux dieulx, aux princes et aux iiommes.
Quentin a béni les chrétiens qui assistent à ses derniers moments. Il est à deux genoux, la tète baissée. 11 a ofTert son àme à Dieu. Il a pardonné à ses ^^ourreaux. C'est lui qui donne le signal de l'exécution :
Faictes maintenant le debxoir De quoy vous estes commandez.
liayal tire son épée. La tête du martyr roule à terre. « Icy il doit issir ^ ung blanc coulon » unie blanche colombe) de son cors, et Michel le prent»; c'est lame du Saint que l'archange emporte au ciel. « lïnrrau! harrau I » crie Satan qui poursuit le messager céleste. « Monte à cheval, prens tes houzeaulx! » fait Vstaroth arrivant essoufïlé, pendant que le paradis s'ouvre et que Quentin se prosterne devant la Trinité qui lui accorde le repos et le bonhetn- éternels.
Rictiovaire a posé des gardes auprès du cadavre, de peur que les chrétiens ne l'enlèvent et ne lui donnent les honneurs de la sépulture. Les soldats veillent. Au loin du bruit se fait entendre. «Qui vient là? — Amis», répond tout bas Rictiovaire. Il veut qu'on jette le corps de Quentin dans la Sonnno et fait jiu'er ;iux soldats qu'ils garderont le secret. Quatre homnK\'^ pr(>nnonl \o corps, dont la tète, «ce chief (jui fit nigromances ^ », est portée par récii\er Panthéon. liayal anii'ne un<> nacelle. Il y dépose le cadavre, l'n lugubre rayon de lune liltre entre deux nuages, éclaire la barque qui part et permet de sonder l'eau. Klle est profonde. Arsenicq est chargé de pierres et de ferrailles. Sur ce chétif batelet qui tremble^ au cours de l'eau, en face du corps ensanglanté, Arsenicq r| Ra\al terminent lours préparatifs qu'ils accompagnent de railleries, ils jittachent au corps les pierres et le plomb qui le feront couler à fond. Ils kiKiInnccnt et le jettent à la rivière.