‹ Les Jeux de DieuChapitre 35 sur 36 · I. ProliiililcinenI la moiu-, la niiiue · texte numérisé non relu

I. ProliiililcinenI la moiu-, la niiiue

Rictiovaire prétend « qu'il n'y a trop grant domaige. Il est de si mescbant plumaige».

Quand on sut à Rome cette aventure, César Maxence en demanda les détails aux témoins oculaires. Sévère raconta le miracle des deux frères sortis de la chaudière sains et saufs ; quant à Rictiovaire, ajouta-t-il ,

Le pruvost qui les a gaitiés, '

En si grand désespoir en fii

Qu'il saillit en flambe et en fu,

Et là so brusla char et os.

Constant. Velà l'un des plus niescbans fos

Qui oncques porla couleur jaune.

DiocLÉTiEN. Hol le quoquart, balour infâme.

Se devoit-il brûler pour tant! *

Tels furent sur la terre les regrets qu'inspira la fin tragique de Rictius Varus. Mais il y eut plus d'émotion dans l'empire souterrain. Cette fois, les démons peuvent se réjouir. Satan s'écrie: « L'àme s'en voile î — Happe! happe! », fait x\staroth en la saisissant au passage. Lucifer, qui flaire de loin une belle proie, dit aux diables qui sont restés en enfer qu'il sent « grant pugnaise ». Pour recevoir dignement Rictiovaire, il veut qu'on mette au vent « le gonfanon de la ducasse^». Satan ouvre l'avis que cette âme, en son vivant, a tant fait de mal, qu'il « faut la sépulturer » dignement. Tous les esprits de l'enfer se mettent à danser en rond, en signe d'assentiment. Ce n'est point assez d'un tel honneur. Astaroth voudrait qu'on rédigeât

Une épitaphe non pareille Pour attacher dessus la tumbe Où ce Rictiovaire tombe, AlTin (pi'il en soit rémenbrance.

A.staroth l'écrit et la lit à la grande joie de Lucifer, dont la volonté est que tout diable qui passerait auprès de la tombe sans lui donner signe de respect, recevra « ung cop de machue ».

ASoissons, au moment où l'empereur Maximien part pour Rome, Crispiu et Crispinien, que Tcmpcste a menés à « l'escorchoir », tombent sous le fer des païens, dont la religion agonisante ne sera point sauvée par la cruauté de la persécution, bien que Maximien, h son arrivée dans Rome, affirme que

Page 1