‹ Les Jeux de DieuChapitre 7 sur 36 · Un décor nouveau · texte numérisé non relu

Un décor nouveau

iimcts de physionomie, sur de fausses sorties, sur une fuule de détails bons à recueillir.

Une toile vient donc de descendre, et nous sommes chez la « josne mère » de saint (^)uentin, autour de laquelle se pressent sa parente Pauline et la « chambrière » Flourette. L'accouchée reprend à peine ses sens, et Pauline la ré'cont'orte par la bonne nouvelle de la venue d'un fils.

Pavmne. Ma dame, merciés les dieux

Qui vous ont un fils envoyez.

Net et propre de corps et dieux,

Sans rien auoir de desvoiez.

Fi.ouRF.TTK. Il est gent et bien adressiez,

Doulbz, riant et de bel acoeil.

Ce semble ung y mage dressiez

Tant est droit et plaisant à l'œil.

i.A MÈRE. Or le me bailliés, car je veuil

Veoir sa très belle figure.

0 très doulce géniture Déifirque pourtraisture !

Si nature

N'a eu quelque delTaillance, Tu es mon filz, ma ligure, Mon sang et ma pourtraicture.

Créature

Faicte à divine semblance, J'ay porté Ion enffance, Mon amour, mon accointance, Ma substance,

0 très doulce géniture.

Tu es mon cuer, ma plaisance, Mon soûlas et mon aisance En naissance,

Déificque pourtraicture.

Filz, il faut que je te baise Que je tembrace à mon aise.

Et appaise.

De ma doulce mamillelte Il fault que ton cry solaise.

Que je te baigne et solaise Et complaise ;

Que je le porte et ailette En la bousche vermillelle. Qui me ryt et si souriette Tant doulcetle.

Filz, il faut ([ue je le baise, Je t'ay pris pour amourette ; Très tendre et l)elle flouretlc.

Trop tcnrettc,

Que je t'embrace à mon aise.

Le plu?i jtHiiK' des deux manuscrits a perdu le feuillet où étaient écrits les trente derniers vers qui précèdent. Heureusement Tauti'c volume, (jue nous avons été tout exprès étudier sur place à Saint-Quentin, nous a restitué le précieux modèle d'une de ces tendres allocutions, pleines de douces paroles, de ces répétitions charmantes de la môme idée en des termes dilférents, et que les pontes du moyen âge savaient trouver en leur cœur et empi'eindre de la naïveté touchante et imagée de la langue d'alors.

Comme le drame, nous marchons brusquement, par soubresauts, sans transitions : les sénateurs ont été congédiés par les deux empereurs, et Zenon a engagé ses collègues à venir voir si « son hoir » lui est né. Ils ont pénétré dans l'appartement secret. Ici se passe une scène d'une simplicité touchante et (jue nous ne pourrions convenablement analyser.

Zkn(»\ Comment se porte laccouchiéeV

Pai Li.NE Très bien pour une josne mère.

Zkvon. Est-elle saine et releviée?

Pmi.i.m:. Si veoir sans doleiir amère:

Toute joye lui est prospère.

Elle est délivrée d'un biau filz.

Dont je croy que vous estes père.

Oncques plus bel enfant ne vis.

Fi.oi i-.KTTK. Il est gent de corps et de vis.

Vous en devez avoir grant joye,

Car tous cuers qui sont desconfis

Il les rescon forte et resjoie.

Oi iNTis. S'on le peult veoir, qu'on le voie ;

Montrés-leau sénat vénérable

Avant que nul de nous s'en \oie ;

Nous lui donrons nom convenable.

Pailink. Regardés, seigneur honorable.

Regardés l'yniaigo doulcette.

(jriNTis. Pour créature raisonnable

Vêla une propre chosetle.

F,\i>Ti.Mj.\. Il a les yeulx el la bouclielle.

Do's et mains propres et de cire,

Et au menton une fosse! te:

Il semble qu'y nous veuille rire.

Pai lin:;. Qu'en diles-vous, Zenon, biau sire".'

ZENON Ses membres sont bien ardresciés.

Les dieux en sovenl mcrcic.s.

Biaiix seigneurs, que vous le sachiés,

Je vous ay cy amenés

Affin tel que vous exauciés

La feste de ce nouveau-né.

Je veuil que par vous soit nommé

De nom propre à Uiy soufBsant.

On a proposé le surnom de Quintus comme celui d'un niiii de la maison.

Qi:i.NTrs Fabius. Il fault Quintus dinùnuer,

Se sera pour humble tenus,

Et aultremont consignier

Pour ce qu'il est petit et nuds.

De Quintus faisons Quintinu-,

Le nom est assez célestin

Et quy pis est je n'en sçais nuiz.

ZÉ.NON. Se le fault appeler Quentin.

FLotRKTTE. AfTm que je huche au matin

Vostre enfant quand je l'entrapelie,

Dictes en romant ou latin

Comment vous voulez qu'on l'appelle.

Qi iNTUS. Quentin, très belle jouvencelle.

/('■non, [)oui- remercier, comment dirons-nous? risquons le mol ; aussi bien ce \w sera qu'un anachronisme de plus; pour remercier donc les parrains de son fils, Zenon les invite ù entrer dans «son héritaige »; ils y trouveront :

Bon quart d'ypocras,

Vin, épices et davanlaige,

Et mouton qui est ung peu gras.

Sous sourdinetle et plaisans dras.

ils feront compagnie à Taccouchée ; mais les sénateius, (|ui savent vivre, ne veulent pas abuser de la bonté de leur ami et prennent congé de lui : « Nous allons à la caze nostre ».

Ici « pose de tonnoire » dans le côté du théâtre réservé au.\ apparitions infernales. Saint Quentin est né, il est nommé ; les puissances des abîmes ont tressailli. Elles se sentent vaincues. Lucifer, Satan, Astaroth, Léviathan, Beizébut, Cerberus et un diable peu connu, qui se nomme Bérith, .se sont réunis; ils eomplotent de tenter Maximien et de lui soufUer au cœur une grande haine contre les chrétiens. Le dialogue prétendu infernal n'a l'ien de vraiment bien clTiayant, à en juger par l'appel de Lucifer aux légions de dessous teiTe :

l.rr.iFKR. Diables courants, diables cornus,

Diables fallans, diables formis, Diables tondus, diables tondis, Diables touffus, diables maudis,

Diables farcis, diables senglos, Diables, diablesses et diablos, Diaboliques poulleries, Salles hors de vos diableries, Diables, plus tost que vint soukil.

Sathan Quels tous diables vous faut-il

Que vous diabliés en ce point?

Dictes quel grant diable vous point Et quel irrant diable vous avés.

Et ainsi pendant cinquante vei's dont toute la diablerie consiste à rappeler le mot diable une ou deux fois par dix syllabes. Mais Satan est parti pour Rome afin de tenter

H Ce diable de Maximien » ;

et le Fou, qui l'a vu passer, se raille de sa majesté diabolique en termes elTroiités. Ce diable de fou n'a de respect pour personne.

Sous l'inspiration funeste de Satan, Dioclétien, à peine sur le trône impérial, se sent saisi de haine contre le nom de Jésus qu'il maudit. Dans sa rage, il blasphème, il lance les plus elfroyables menaces contre les chrétiens.

Maximien. Tremble qui oye et fuye qui porra

Tormens très horribles,

Horreurs invincibles

A voir impossibles

A ces chrestiens.

Paines impossibles,

Passions pénibles,

Penances terribles

Aront chrestiens.

Traînés seront comme chiens enragiés, Hachiés, lanciés, escorchiés, enfouys.

Rachiés, railliés, rasachiés, ratarchiés, Tailliés, mailliés, escarellés, coustellelliés Loyés, soies, ars, noyés et bruhis.

Fendus, touillis, pourfendus, pourbduli.s, Bastus, rostis en pois et en chaudière. Garde chascun d'entrer en la ratière.

.Justice secrelte.

Fierté très durette,

Dur té très surette,

Sûre mort amère

Amène et souffrelte

Les deux empereurs sont d'accord pour la persécution. Maximien envoie son messager, son « chevaucheur » Occident, proclamer par tout l'empire.

Que les crestiens dissolus Vonront par voie et par chemins Faire hommaige aux dieux absolus,

uu qu'ils périront dans les tourments. Or, on sait déjà la fatale nouvelle dans Dardanie qui probablement est l'ancienne Troie des temps fabuleux.

Dardanie est maintenant une cité toute chrétienne. Polydamas, duc de Dardanie, et les deux chevaliers Ylion de Troyes et Méliandès de Chypres tiennent conseil. On se prépare à la résistance. Le « chevauscheur Occident » est parti de Rome pour Dardanie. Chemin faisant, il a rencontré le Fol qui monte en croupe derrière Occident, la face tournée vers la queue du cheval, et qui charme les ennuis du voyage par ses propos bouiTons et ses railleries etïrontées. Ils arrivent enfin devant Dardanie dont les portes se ferment pour eux. Bruhier, « portier »> de la cité, menace Occident, sMl ne recule, « de tuer maistre et cheval ». Pendant que le Fou se gausse de son compagnon, h qui Ton « fait visage de bos», et qui se trouve «plus camus de nez qu'une si n gesse à trois sinjos», Bruhier court prévenir Polydamas cju'un nîessager de Rome se présente de la part des empereurs. Sur l'ordre du duc. Occident est introduit et remet son « mandement ». Polydamas ne veut le lire qu'en présence de ses conseillers, de Urbain, évoque de Dardanie, et des citoyens, représentés par Flourentin, Griffon, Dardan et Basentin, que Esprevier, héraut, a déjà convoqués. Le clerc (laiiimédès, « bon rescouvrier pour chartes obscures»^, est chargé de donner à l'assemblée lecture du mandement, au refus du duc Polydamas, que nous soupçonnons fort d'une certaine ignorance. Comme la lettre de la comédie moderne, le mandement du Mystère versifié est écrit en prose. Tel en est le contenu menaçant, qui doit avoir été dicté par Maximien, dont nous reconnaissons la fougue d'emportement :

« Dioclétien et Maximien, par celestial influence Cesaires-Augustes, imperateurs, roys des roys, regnans sur regnans, seigneurs de l'aer, de la terre et de la mer, à tous nos féaulx et bien-amés subgecz, immitateurs des saintes loix des dieux auxquels nous sacrifions, salut, honneur, joye, santé, bruys, félicité et gloire sempiternelle. Et à tous deléaux crestiens, misère, povreté, honte, domaige, vilonie, maladie, mendicité, indigence, méchanceté, tristesse, adversité, doleur, desconfort, désespoir, paine, tribulation, tormeni, malédiction, mort détestable, et perdition de corps et d'ame. Car il est parvenu à la cognoissance de nostre impériale magesté que vous, meschans ypo-

1. a Bon rescouvrier », bon déchiffreur de vieux parchemins. Ce favori de Jupiter, le lioati Ganiméde, converti au christianisme et devenu archiviste, c'est assez curieux !

crytes, voleurs du sacrifice des dieux, enfTans de ténèbres, invoqueurs de diables, enchansteurs de gens, séducteurs de peuple et espandeurs de zizanie, par outrecuidée présomption vous efforciés d'abolir le divin culte de nos trèsglorieux dieux immortels, pour exaucier nouvelle loi d'ung prophète crucifié. Pour quoy expressément vous commandons par ces patentes vous desvoUiés les folles erreurs de vos cucrs, les ténèbres caligineuses de vos yeulx, et recognoissiés la vraye splendeur de nos dieux par sacrifice deu. Ou aultrement lamine, guerre, pestilence, tiranie, inhumanité, crudélité et molition, défloration, combustion et elTusion de sang encourront sur vous sy terribles, que vous serés abhominable spectacle et espouvantement hydeux aux complices de vostre secte et à tout cuer humain. Et donnés crédence à ces présentes scélées de nos sceaulx autentiques, données en nostre palais romain, présents Cesaires, consulèsct barons, de joing, ce premier an de nostre empire, et de la fondation de Rome mil quarante quatre. »

Telle est la lettre, si riche en anathèmes, que Ganymédès a lue au conseil du duc Polydamas, qui prie chacun

Qu'il pense et aplique

Son engin pour déterminer Quelle voyc ou sentier oblique On tenra pour droit cheminer.

Si épouvantables que soient les menaces de la lettre impériale, les chrétiens ne se laisseront point dominer par la peur. Ils demeureront fidèles à leur foi et ne sacrifieront jamais aux idoles. Plutôt mourir ! Ils défendront leur ville et leur religion jusqu'au trépas.

pKi.vnvMAS. Puisqu'y fault que guerre tresbuche

Sur nostre cité valeureuse.

Monstres, sans y faire aullre embûche,

Vostre force valeureuse.

Ilion. Vostre ame sera bien heureuse

Se nous mettons la main aux armes.

Armons-nous aus<i blans que carmes

Pour résister aux infidelles.

MKi.iAoks. Pour résister à tous vacarmes,

Armons-nous aussi blans (]ue carmes.

|i.io>. Citoyens, prendés vos guisarmes

Et vos espécs telles quelles.

Fi.ornF.Mi>. Nous garderons tours et tournelles,

Murs et mures, tours et chasteaux,

Se prenrons canons, canonceaux,

Dars, cslendars, corde et cordellcs.

GriffoxN. Nous emploierons nos allunielles

Ars et sandars et bons cousteaux.

Dardan. Sans espairgnier fieux ne femelles,

Boutons, montons sur les cresteaux.

Mailles de plomb et balesteaux

Feront granl bruit sur leurs cervelles.

L'orage va fondre sur la malheureuse cité de Dardanie. Occident a déjà regagné Rome. 11 a raconté son insuccès aux empereurs. Maximien ne se sent plus de rage. Dioclétien lui-même a oublié sa modération et s'écrie :

Constant César, qu'en dites-vous, Desployrons-nous nostre banière, Les yrons-nous décoppcr tous Comme on dccoppe une lanière?

Constance-Chlore ne croit pas que ce soit là une œuvre digne des empereurs qui ne peuvent se mettre « sur les champs » pour réduire

une mr-schanle lanière

De cresticns désobéissans.

11 n'y en a que pour les paiges.

C'est alors une scène d'un enthousiasme sauvage et cruel. Maxence, Constantin, Lucinien, Sévère se disputent à l'envi l'honneur de commander l'armée. Maximinus veut qu'on choisisse les meilleures légions dont l'avant-garde so composera d'archers. Les archers! voilà les plus habiles!

SÉVÈRE. Maximinus, j'ay les plus fiers

Qui soient jusques en poulenne ;

Ils s'aguisent quand je les fiers

Aussi poindans que fers d'alenne.

EscLisTRE. Quand je mets barbe à barbaquenne.

Je requenne ' et sy me rebarbe.

ToxoiRE. Je tresperceroye un grant quenne

Quand je mets barbe à barbaquenne.

FoURDRE. Et je suis plus rond qu'un quenne

De boire friand vin de Jarbe.

Tempeste. Quand je mets barbe à barbaquenne

Je requenne et sy me rebarbe.

Galican. Nous combaterons barbe à barbe

Barbus crestiens déloiaux.

1. «Requenne ». Peut-être l'équivalent de requinquer, s'enorgueillir. Une vieille chanson picarde commence par ce vers : « Requinquez-vous, vieille, requinquez-vous donc ! »

pROPiivRE. Barbariiis plus vers que joubarbe,

Nous combaterons barbe à barbe.

("rioMACis. Sans espargner veste ne barbe

Percerons trippes et boiaux.

Kn.ASii's. Il faut porter tous valesteaus

D'artillerie et de canons.

MwK.NCK. Armer se fault d'escutons,

De Jacques, de haubregeons, De fondelles, de plançons, De cuiraches, de juppons, Dars de flesches et de bouxons, De bracquemars, de pouchons.

De picqz, de becqz, de fanquons, De paffus et de lancettes, De hachettes, De houlettes.

De hunettes, De jacquettes, De daguettes Accoullettes, Et de coustilles lombardes, De beuglères, de bombardes, De ribaudequins, de bardes, Darcigayes, de taillardes.

De mortiers, de bastonnades, De crennequins, d'espingardes, Cousteaux, couUars, esturguades, Gaillardines, Bringandines, Crapaudines, Cucurrines, Serpentines, Gouges fines, Abalestres et espées A deux mains seront happées.

>KiiPE\T. Çà, mon maillet.

Drago.n. Çà, mon basion.

Lavaut. r.à, mon planton.

KsconPio.N. Çà, ma virculle.

Après ((^tli^ «'iiuiiK'nitioii, luxueusement anachronique et formidalile, des richesses (l'un arsenal (lu moyen âge, Maxencc ordonne à Constantin, qui paraît rlr«' le i^rand-inailn' de rartilleric, de ne point oublier s(S engins de destruction, cl Tarméc se met en marche.

Partir et arriver, c'est tout un. Deux paysans des environs de Dardanie. l'rsin et (lalathée, sa femme, signalent les premiers rapproche de Tarmée ronjaine. Ils réuni.s.sent en h;Ue leurs bestiaux et leurs meubles, et nous lisons

dans une note marginale : « Icy sauvent leurs bestiaux dedens la cité, et (juant ils sont dedens, boutent les feux à leurs maisons. » — Plus loin : « Les trompettes et clarons sonnent. » — Alarme ! a crié Bruhier, le « portier » de Dardanie,

Alarme, a tours et à cresteaux !

Que de lances, que de cousteaux,

Benedicite Dominus.

Butor. Alarme, à tours et à cresteaux ,

Vecy nos ennemis venus.

Bruhier. Sont-ils grant gens'?

Butor. Ils sont si drus

Que conter je ne les scarole.

Le canon tonne; « canon de dehors», dit une annotation.

Bruhier. Sainte Barbe !

Acoute quel cop de canon.

Polydamas accourt aux murailles avec les citoyens arniés. 11 les exhorte à combattre et à mourir pour la sainte cause qu'ils ne renieront point. L'évêque Urbain les bénit. « On doit bouter sur les mursung estendart oîi il y a une croix blanche. »

Ilion. Alarme. '

Méliadès. A l'assaut, à l'assaut.

Rués, canons.

Flourentin. Rués, bombardes,

Bâtez le fer quant il est chaud.

Alarme.

Griffon. A Tassaut, à l'assaut,

Gardez vos yeulx, le feu en sault.

Tués chevaux, abatés bardes,

Rués, canons.

Dard.\n. Rués, bombardes,

Foudriésces testes lombardes

Sans espairgnier chevaux ni gens.

« Ceulx de la ville font grant effort et gestent carraus. » — « Oji assaut la ville de costé et d'aultre. » — S'il faut en croire leurs lamentations comiques, les archers de Sévère ont reçu quelques horions :

Esci.isTRK. On ma donné ung croquenpois

Sur le couplet de la cervelle.

ToNNOiRK. D'un gros maillet à contrepois

On m'a donné ung croquenpois.

ForRDRE. Et on m'a près coppé les dois.

Tout sur, d'une grande allumelle.

Tempeste, qui semble n'être là que pour servir d'écho à son « compaing ^ Esclistre, répète en manière de refrain :

On m'a donné ung croquenpois Sur le couplet de ma cervelle.

Dans la ville, Butor a l'œil crevé par un trait et se répand en plaintes. Le Fol, lui, assiste, toujours riant, toujours raillant, à cet effroyable combat, et croit qu'il fait meilleur batailler des dents « et des lippes autour d'une platelée de trippes ». ^lais la ville est perdue. Polydamas engage l'évéque Urbain à prier pour son peuple vaincu. Pendant que le saint prélat conjure le Seigneur de jeter un regard de miséricorde sur ceux qui combattent et meurent pour lui, et de leur ouvrir le royaume éternel, « les trompettes et clarons sonnent à l'assault, et doiton jetter de dehors et de dedens canons. » Dardanie est prise. « Ils montent sur les murailles et sont dedens la ville. »

Serpent. A mort, à mort.

Dragon. Ville gaignée.

Tuons tout, malles et femelles.

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