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Polliix nous dit que le perdant, o l'âne », avait à faire ce que lui ortlonnait « le roi ».
Le jeu de balle était facile et peu fatigant ; c'était le jeu favori des jeunes filles. Dans Homère les servantes de Nausicaa jouent â la l)alle après avoir lavé le linge. Pendant ce temps Nausicaa chante un air de danse au milieu des joueuses.
Quand on jouait seul on était debout ou assis, et l'on jetait le plus de fois possible la balle contre le nuu- ou par terre en la repaumant avec la main. On comptait le nombre de coups pour connaître le vainqueur.
Les jeunes garçons jouaient à un jeu où il y avait Luie ou plusieurs balles dont chacun cherchait à s'emparer. Ces sortes de jeux, \e har- />a.s7«7/i par exemple, étaient souvent assez brulaux. On s'arrachait la balle et on se battait l)Our l'avoir.
Peu il peu le jeu de balle se perfectionna et donna naissance à de nombreuses variétés. La figure 3 représente un exercice de balle à la palestre; nous verrons plus loin que les jongleurs faisaient admirer leur talent. Le jeu de balle rendait fort et adroit; il y avait des places réservées â ce jeu dans les maisons; lachamln^e où l'on jouait s'appelait splierisicriiun, et on pouvait la chauffer en hiver.
IS LES JEUX DES (lUEls i: r I)i;s KOM AINS
l^our les Grecs, le jeu de balle était une occasion de danser et de chanter; cliez les Romains on cite comme joueurs adroits le pontife M. Scaevola, Mécène, l'empereur Alexandre Sévère. César, le maître du monde, en jouant
Fig. 3
tous les jours à la balle, exerçait son corps en même temps qu'il reposait son esprit. On raconte que Caton le jeune joua à la balle sur le Cliamp-de-I\Iars le jour même où il avait échoué au Consulat. Suétone dit de l'empereur Auguste qu'il « abandonna l'équitation et l'escrime aussitôt après la guerre civile et se mit à jouer à la balle et au ballon. « Les enfants jouaient encore entre eux ou avec les
LKS JEUX DU IMlEMlKll AGE ly
grandes personnes au jeu populaire de <( pair ou impair » avec des noix, des haricots, des amandes ou des osselets. Ce jeu paraît avoir été en vogue, car il est souvent représenté. Une élégie, composée en l'iionneur de la noix, nous fait croire que les Romains s'en servaient beuucoup dans leurs jeux. Tantôt on en mettait quatre par terre : trois dessous et une dessus ; il s'agissait d'abattre celle d'en haut sans déranger les autres; ou bien on posait une rangée de noix parterre; on en faisait rouler une autre sur une planche inclinée et on tâchait ainsi de toucher une des noix rangées. Plus tard on joua à des jeux instructifs, on composa des mosaïques avec des cailloux triangulaires et carrés. On écrivit des mots avec des lettres d'ivoire ou de buis. Ou bien encore on s'amusait à faire tourner une pièce de monnaie sur la tnuiche et à poser le doigt dessus demtuiière â l'arrêter sans la faire toml^er â plat. On jouait quelquefois avec des enjeux pour imiter les grandes personnes.
Dans toutes les peintures et les terres cuites qui représentent ces jeux on voit éclater la gaîté et Famabilité du caractère grec. Les jeux, dit Platon dans le premier livre des Lo/.s, ont cet avantage qu'ils i^euvent donner aux penchants des enfants une direction déterminée.
iiO LES JEUX DES GRECS El" DES ROMAINS
Ceux qui seront aubergistes ou architectes doivent jouer à l'arcliitectc ou â l'aubergiste dès leur enfance; il faut leur donner des jouets dans le genre des outils qu'ils manieront plus tard. C'est tout petit qu'il faut acquérir en jouant les connaissances dont on aura besoin dans l'avenir : le futur charpentier doit jouer à peser et à mesurer; le futur soldat doit s'amuser à monter à clieval et à faire l'exercice.