LES JEUX GYMNASTIQUES ET ATHLETIQUES
Quand les jeunes garçons avaient atteint seize ou dix-sept ans, la mère n'était plus seule à les élever; elle était secondée par un esclave qui les surveillait, les dirigeait et les conduisait à récole et à la palestre. Ils restaient sous la. garde de cet esclave jusqu'au jour où ils atteignaient l'âge d'éplièbe. Avec l'école la vie sérieuse commençait; pourtant il y avait des jours de congé et toute une série de fêtes en dehors de l'école. Parmi celles-ci il faut citer la fête des ]\Iuses : les jeunes gens accompagnés de leurs maîtres et de leurs amis allaient, en procession, couronnés de fleurs, aux temples d'Apollon et de Diane pour louer les dieux. Aux Herméennes, fêtes de gymnastique an-
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miellés, on se rassemblait à la Palestre et on rivalisait de force et d'adresse après avoir fait en commun un sacrifice aux dieux.
C^ n'est pas ici le lieu de parler avec dc'tails de l'enseignement en Grèce et à Home ; nous voudrions seulement insister sur ce point que l'éducation était double — éducation du corps et éducation de l'esprit — ou comme disaient les Grecs : éducation gymnastique et éducation musicale. Les Grecs ont été les premiers à rechercher un développement- harmonieux du corps et de l'esprit. Dans les différentes villes de la Grèce on donnait peut-être la prépondérance tantôt à l'un tantôt à l'autre ; mais c'est l'harmonie entre les deux où étaient parvenus les Athéniens qui a valu à Athènes le premier rang dans la civilisation antique.
Jamais, dans aucune autre ville, on n'a tendu, autant qu'à Athènes, ;i réaliser cet idéal : « une âme saine dans un corps sain ; « jamais pays ne fut plus propice à la santé et à la gaité, jamais climat ne favorisa plus le développement physique et moral. Tous les peuples de l'antiquité ont praticj[ué les exercices du corps ; les Athéniens y mettaient leur amourpropre; enfants, jeunes gens et hommes faits s'y appliquaient dans la mesure de leiu's forces. Toute la vie d'un Grec n'était qu'une longue
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lutte. Pour les jeunes garçons les exercices du cor[)s n'étaient et ne devaient êti'C qu'un jeu ; le principal était la danse, dont les mouvements rythmés développaient la grâce et la beauté du cw'ps. Les danses n'étaient pas des rondes mais des danses marchées accompagnées de chants et de musique ; elles se trouvent déjà mentionnées dans Homère.
Des exercices plus violents et plus fortifiants avaient lieu dans la palestre \ La palestre était l'école de gymnastique des jeunes garçons, le gymnase proprement dit n'étant pas fait pour les commençants. L'architecte romain Vitruve nous décrit la construction et l'aménagement d'une palestre. Ce n'est pas la description de la palestre en général, mais bien d'une palestre qu'il semble avoir eue sous les yeux.
« Dans une palestre, dit \^itruve, il faut des cours bordées de colonnades et en forme de rectangle allongé. Le tour de ces cours doit avoir la longueur de deux stades, longueur que les Grecs appellent diaidos. Trois des rangées de colonnes doivent être siinples; mais la qua-
(1) Selon d'anciens mythes Palesti'a, fille d'Hermès, aurait introduit la lutte en Arcadie. Dans LuciiMi nous voj'ons Apollon dire d'Hermès qu'il est le meilleur gymnaste ; comme dieu des Éphèbes il porte la robe d'Éplièbe.
trième, celle du sud, doit être double pour que le vent du midi ne puisse pas souffler à l'intérieur. Derrière les trois rangées de colonnes sont des salles spacieuses, garnies de sièges pour que les philosophes, les rhéteurs et les amateurs de conversation puissent discuter à leur aise. Du côté de la double colonnade il doit y avoir d'abord, au milieu, VEphebeum, très grande salle garnie de sièges et d'un tiers plus longue que large ; sur la droite le Coryceimi communiquant avec le Conistcrinm ; après le Conisteriura, au tournant de la colonnade, le bain froid, que les Grecs appellent Khutron ; sur la gauche de l'Ephebeum se trouve VEleothesiiun, puis le Frigidarium, et, à l'angle de la colonnade, l'entrée de la chambre chaude communiquant avec la voûte du bain de vapeur, qui doit être deux fois plus long que large ; à l'un des coins doit se trouver le Laconicum et, en face, le bain d'eau chaude. »
Le sol des arènes couvertes et de la cour intérieure se composait de terre bêchée ou d'une épaisse couche de sable. On aimait à placer les gymnases dans un beau paysage, à proximité d'un bois ou d'un jardin; on recherchait aussi le voisinage d'une eau courante : le gymnase d'Élis était sur la rive du Pénée ; celui de Corinthe près de la source de Lerne; à Athènes,