EPI ('.RAM ME
Hérons sur le marais et cygnes sur le fleuve, Que le printemps fleurisse ou que l'automne pleuve, Mes flèches ont percé les Heures, une à une, Et le Temps a laissé tomber toutes ses plumes Dans l'eau de ma tristesse ou l'onde de ma joie ; Et si l'aile se ferme, et si l'aile s'éploie, C'est l'heure qui s'achève enfin ou s'inaugure, Et, tour à tour, contre le port ou l'envergure, Ees mêmes flèches d'or partent de l'arc qui vibre, i'^t, triste archer, en pleurs de son exploit stupide, Je ramasse, sur l'eau où mon espoir se penche. Avec la plume noire, hélas ! la plume blanche !
3'i LES JEUX RUSTIQUES ET DIVINS
CAUTUS INCAUTAE
Prends garde, douce amie, à la Thessalienne Qui s'accoude le soir, auprès de la fontaine A jouer de la fliite en se penchant sur l'eau, Car avant de t'ainier, douce qui d'un fuseau Nonchalant fila d'or les heures de ma joie, Mes automnes, là-bas, ont suivi d'autres voies Et j'ai marché, le soir, par d'antiques forêts Sans savoir, passante, que tu apparaîtrais, Radieuse à ma vie et douce à mon amour; Moi qui croyais les roses mortes pour toujours. J'écoutais une voix qui n'était pas la tienne. Prends garde, mon amie, à la magicienne, Elle connaît des rites vils et je l'ai vue. Avec son aigre flûte aux dents, qui dansait nue. Et je la trouve encore au bois où elle rôde, Et dans la berarerie et dans l'étable chaude
AUF.THVSE 35
Elle trait un lait rance et couronne d'orties Le bouc noir qui la flaire après qu'elle est sortie, Gomme mon vieil amour jadis, lascivement, La humait dans l'odeur de la terre et du vent!
36 IFS Ji;f.\ RUSTiQUKs i;t divins