LE REVEIL
Tout le priiiletiips qui chante avec tous les oiseaux. Le vent frais, le soleil encor tiède, les eaux Qui murmurent le long du sentier où l'on passe, Et le pas de l'hiver, Printemps, que tu effaces En posant ton pied nu où pesa son pied lourd, La Tristesse qui se retourne vers TAmour Et l'Amour embrassant, lèvre à lèvre, la Vie Qui rit mélancolique et qui pleure ravie; L'écho qui devient voix, l'antre qui devient bouche, Tout ce qui renaît doux de ce qui lut farouche : Le printemps, de l'hiver, la source, du rocher; L'Espoir gai avec toutes ses flèches d'archer Qui nous montre, en l'azur que son vol lui assigne. L'heure pure à jamais de sa candeur de cygne Qui chasse l'heure noire aux ailes de corbeau. Tout cela : le soleil, les herbes, l'aube, l'eau.
ARtTUlSK
Le vent frais, la forêt chanteuse, l'arc qui vibre,
C'est quelqu'un qui s'éveille et quelqu'un qui veut vivre.
Adolescent debout anxieux dètre nu,
Et qui sent le baiser à ses lèvres venu
De toute la nature impatiente et douce
Avec l'allusion des roses à sa bouche!
38 LES ,n:ux rustiouks et divins
DISCOURS A DAPHMS
Le vent, au crépuscule, a soufflé dans les chênes,
Daphnis! la roule est sombre au troupeau que tu mènes;
La brebis bêle, un bélier guette et l'agneau butte;
Le vent aigre est entré par les fentes des flûtes,
Tes lèvres qui baisaient jadis le bois y mordent;
La feuille morte, on voit mieux les ceps qui se tordent :
Le sarment est le bras noueux de la vendange,
Et le chemin bifurque à la saison qui change,
Et voici que dans l'ombre hésite ta pensée,
Comme si tu voulais ouïr ta voix passée
Dans l'écho qui l'appelle et où tu la retrouves
Anxieuse et y disputant aux maigres louves
Du regret les brebis de tes heures laissées.
Au lieu de suivre sur le chemin tes pensées
Qui, à la suite^ et dans le vent et par le soir.
S'en vont vers le printemps, là-bas, et vers l'espoir
Et vers l'aurore en fleurs et les avrils nouveaux,
Avec le bélier srrave et les calmes ao;neaux.
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